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La Chronique d'Erick : Le supportérisme dans l'enfance - Partie 2 - ASSE - Le Talk Show Stephanois - Foot - Actualités Live - Ligue 1

La Chronique d’Erick : Le supportérisme dans l’enfance – Partie 2

Erick
10 Min de lecture

Cette deuxième partie de la chronique sur le supportérisme pendant l’enfance aura pour but d’approfondir le sujet et d’apporter plus de précisions quant aux “schémas” qui peuvent amener un enfant à supporter viscéralement son club ou non. Loin d’apporter beaucoup de nouvelles informations ce volet servira surtout à aller plus loin dans ce qui a déjà été dit dans la chronique précédente. Je vais ainsi revenir sur des propos écrits lors du premier volet pour les approfondir.

L’impact du “négatif” du football sur un enfant qui apprend par mimétisme. 

Lors de la chronique de la semaine dernière nous avions parlé du sujet suivant : 

Si on se détache du mouvement hooligan, dans le domaine du mouvement ultra, la question identitaire est centrale […] Ces menaces identitaires peuvent, à un moment donné, déclencher tout un tas de comportements extrémisés.

“Associé au fait qu’ils n’ont aucun contrôle sur le résultat d’un match, la frustration des supporters peut être très grande et amener des réactions très négatives. Pour l’enfant ou l’adolescent, l’impact peut être énorme mais nous y reviendrons plus tard.”

Ainsi le but aujourd’hui est de revenir sur ce sujet afin de l’éclairer. 

L’enfant apprend par mimétisme, et à l’adolescence essaie de se créer une identité à partir de ce qu’il voit autour de lui. C’est-à-dire que l’enfant dans son supportérisme va se calquer sur ce qu’il voit autour de lui. Un enfant qui grandit dans un foyer où un de ses parents est un fan absolu de son club, va voir tous les matchs et achète tous les goodies aura plus de chances de devenir lui-même un fan invétéré. L’enfant qui grandit dans un climat austère autour d’un club et s’y calque a plusieurs possibilités et toutes négatives : s’en détacher, supporter un autre club ou devenir un supporter aigri. 

Comme pour une relation amoureuse par exemple, ce sont les fondations bâties sur “de bons moments” qui permettent aux deux partis de résister aux tremblements de terre de la vie. Si l’enfant grandit dans un club sevré de résultats, de contenus et de valeurs pendant son enfance et son adolescence, son attachement au club sera différent et sûrement plus fragile qu’avec des résultats. Inconsciemment, l’esprit pense sans doute “Ce club ne m’apporte que des émotions négatives et ne me donne rien de positif, alors qu’ai-je à gagner à le supporter ?”. Cela pourra peut-être même influencer sa façon de vivre sa relation à l’autre.

Les clubs qui ont “la meilleure ambiance” y sont parvenus par des manières différentes : 

  • une ferveur très populaire qui s’étend donc de génération en génération par mimétisme.
  • Une capitalisation intelligente des moments de réussite pour fidéliser un public “neutre”.
  • L’orientation du club en lui-même par rapport aux supporters qu’il souhaite avoir dans son stade. Je peux citer l’exemple du PSG ou de certains clubs anglais qui ont chassé par le passé leurs ultras et ont pu se retrouver à une période avec un stade “salle de théâtre”

La seconde partie sur laquelle je souhaitais revenir est la suivante :

“Autre citation que je trouve très intéressante de ce psychologue « Les joueurs ont un vrai rôle à jouer. Ce sont des modèles pour les supporters, notamment les plus jeunes.«  Parce qu’indépendamment de l’attachement au stade, il y a également un attachement à une équipe, un club. Le stade étant une figure abstraite comparable à “la maison”, les joueurs, staff et autres membres d’un club sont des figures humaines bien réelles qui vont forcément influencer les jeunes. Pourquoi tant de jeunes footballeurs veulent ressembler à d’autres qui les ont précédés ? Puisque quand on est jeune, on se sert de modèles pour grandir, évoluer et devenir entiers en copiant chacun de ces modèles. Mais nous y reviendrons également.”

Qu’on le veuille ou non, toute figure médiatique a un impact, et plus qu’on ne le croit. Les enfants qui sont en pleine construction, vont se définir rapidement par certains traits de caractère qui vont devenir eux par habitude. Ainsi, comme précisé dans la partie 1 de cette chronique, l’enfant qui verra que le foot est important autour de lui va s’y attacher par le biais de certains joueurs. Il va se servir de modèles. Nous pouvons prendre l’exemple de Kylian Mbappe et des fameux posters de Cristiano Ronaldo dans sa chambre. Mais ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. 

Ainsi les figures médiatiques que sont les footballeurs doivent prendre conscience de l’impact qu’ils peuvent avoir. (Pour l’anecdote, la bienveillance et la gentillesse de Cheick Diabaté lors d’une interview m’ont marqué à vie.) Les enfants vont mimer ce qui leur parle le plus, ce qui est le plus populaire, ou ce qui prend le plus de place dans le cadre médiatique

Ainsi alors que l’attachement à un club et à ses valeurs peut s’avérer de plus en plus complexe pour les raisons expliquées dans la partie 1, les jeunes ne vont plus s’attacher à la fois au club et aux joueurs, mais davantage aux joueurs et mimer leurs comportements et leurs façons de vivre (grâce aux réseaux sociaux). Nous nous rapprochons d’une individualisation extrême du football, de la starification et du passage au second plan de l’entité de club. 

L’attachement au football par hérédité 

Pour étayer mes précédents propos, je vais vous citer Clément le Coz

l’environnement familial, c’est le premier à travers lequel on s’identifie et on se construit, dès le plus jeune âge. Quand on voit que quelque chose a un fort impact émotionnel sur un membre de notre famille, l’impact de cette passion sur l’enfant est encore plus important. Et souvent devant les matchs de foot, c’est le cas. Le père va vibrer, en positif ou négatif, et va vivre le match à fond. Supporter la même équipe que son père, certains le font pour être plus reconnu et plus aimé par son parent. Ça permet aussi de s’identifier, de faire sa place parmi la famille en étant un peu comme les autres.

Quand on est jeune enfant, on décide pas des activités qu’on fait et on va au stade avec notre papa s’il est supporter. Pour un enfant, c’est souvent la première fois qu’il va sentir qu’il fait partie de tout un groupe, qui supporte les mêmes joueurs et qui vont chanter et crier pour eux. Il y a un impact fort à cet âge-là, et les enfants sont marqués par cette expérience. Tu sens que y a un peuple de supporters, on va tous avoir la même émotion au même moment. Pleurs, joie, stress… On vit ça ensemble, au stade ou pas. C’est comme une famille.
(Source : https://www.koolmag.fr/dad/supporter-de-pere-en-fils–l-amour-du-maillot-758385)

L’enfant répète et reproduit ce qu’il se passe autour de lui. Ces citations reprennent globalement tout ce qui a été dit dans cette deuxième partie de chronique. Le supportérisme de l’enfant est notamment une question de contexte et de reproduction. Et l’image de la famille peut aussi être celle du stade ou de ses “collègues supporters”. C’est pour cela que je précisais que le supportérisme de club s’oppose fermement au supportérisme de joueur. Comment regrouper un supporter qui va se réjouir de la prestation d’un joueur en passant à la trappe le résultat collectif, et le supporter qui va penser l’inverse ? 

Dans la prochaine partie de cette chronique nous allons aborder un volet plus penché sur la statistique, dans lequel nous parlerons des différents groupes sociaux et de cas d’études nous permettant d’avoir une vision différente de ce que représente le supporter. 

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