La chronique de Timothée Maymon : « Et maintenant ? »

Le Talk Show Stéphanois
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Antonetti ! Antonetti !!! Limogé en 2004 après son accession en Ligue 1, le nom de l’entraîneur Corse a longtemps raisonné dans les travées de Geoffroy Guichard. Un nom scandé pendant plusieurs années à chaque temps de disette, à chaque retour de l’insulaire dans le Chaudron, car le public de Sainté a de la mémoire et qu’il sait célébrer ses héros. À croire que l’évolution du football, l’urgence devenue norme, l’immédiateté devenue tendance, a visiblement eu raison de notre mémoire d’éléphant.

J’ai entendu et surtout lu sur le réseau de la minorité bruyante X dès la fin du mois d’août que Dall’Oglio devait sauter. Le même homme qui nous avait fait monter en Ligue 1 deux mois plus tôt ! N’a-t-on donc rien appris ? Brûler ses idoles est-il devenu la norme ?

Puisque je suis un homme de média, j’aime le débat et puisque je suis stéphanois, j’accepte l’idée d’avoir tort. J’ai donc lu et entendu, et j’ai surtout regardé les matchs en me demandant ce que pourrait faire de mieux l’hypothétique successeur. De Dupraz à Ancelotti, en passant par Der Zakarian et Guardiola, il m’est alors apparu une évidence : quand tu as dans ton équipe Appiah, Petrot et autres Mouton… alors qu’importe le berger, le troupeau ira dans le mur. J’aimerais beaucoup qu’on me dise qui aurait pu faire mieux avec un effectif aussi faible ! J’en suis même arrivé à cette conclusion : c’est finalement un bel exploit d’avoir pris 13 points en Ligue 1 avec une équipe de milieu de tableau de Ligue 2.

Et le jeu dans tout cela ?
J’entends l’invocation de la « philosophie de jeu » et du « style » qui offrent à celui qui les énonce des faux airs de sachant, puisqu’il utilise ces pompeuses notions qu’il ne comprend pas toujours. Mais c’est quoi exactement ? Quand on joue le maintien avec une équipe plus que faible, qu’est-ce que c’est la philosophie de jeu ?

Qu’on exige de la part du Réal, de City ou du Bayern une identité de jeu est chose légitime. Mais quand on joue sa survie dans une division au-dessus de ses moyens, le seul style qui compte est celui du pragmatisme et de l’efficacité. Quand on veut simplement survivre, on ne se pare pas d’or et d’effet de toilette, on va à l’essentiel.

Oh, j’entends déjà ceux qui rétorqueront qu’il vaut mieux bien jouer pour gagner. Je les rejoins tous sans exception. Mais à l’impossible nul n’est tenu, et pour bien jouer, il faut de bons joueurs de foot, ce dont Saint-Etienne manque désespérément. Faire progresser les joueurs ? Bien sûr, qui ne le souhaiterait pas ? Mais les gains marginaux, on les trouve sur les purs sangs, pas sur les canassons de labour !

Dall’Oglio viré, Ok, don’t act ! Il semblait de toutes façons que son sort était scellé à plus ou moins long terme dans un club en pleine mue. Son successeur fera-t-il mieux ? Probablement, mais avec un effectif renforcé par un Mercato hivernal à la fois ambitieux et réparateur de celui de l’été. On ne saura donc jamais ce qu’ODO aurait fait avec une meilleure équipe, et tout le monde s’en foutera puisque le football est devenu immédiat et amnésique. La dictature de l’instantané a encore gagné, et je ne suis pas sûr d’y souscrire.

Je me fiche que ce soit avec ou sans l’Arlésien que l’ASSE se maintienne. Je veux juste qu’elle se maintienne. Mais je fais partie de ceux qui pensent que la continuité et la patience ont des vertus, et de ceux qui pensent que parfois le changement ajoute des problèmes aux problèmes.

À présent, le club et sa nouvelle direction sont face à une urgence absolue : trouver un entraîneur à la hauteur et enrichir un effectif qualitativement. Deux missions sur lesquelles le peuple Vert ne tolérera pas d’erreurs. L’occasion de jauger vraiment les ambitions de Kilmer et consorts ! Sans autre fusible, vous voilà, messieurs, en première ligne !

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