Chronique d’Erick : De gros poissons dans une petite mare…

Erick
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Pourquoi les leaders de la Ligue 2 n’ont pas tenu leur rang en Ligue 1 ? Parfois solides dans leurs bottes sans avoir la régularité qui caractérisent les joueurs fiables, nos hommes forts de la montée n’ont pas su se hisser au niveau attendu en Ligue 1. Mickaël Nadé, Gautier Larsonneur, Aïmen Moueffek et autres Irvin Cardona. Tous ont montré de belles choses par intermittence cette saison sans jamais nous prouver qu’ils étaient de vrais piliers pour cette équipe.

Pourtant chacun d’entre eux ont prouvé par le passé qu’ils étaient capables, sur une saison complète, d’afficher de solides bases pour évoluer en Ligue 1. Depuis, aucun d’entre eux n’a réussi à confirmer une fois de retour en Ligue 1. Pour quelle raison ? Parce que ce sont des joueurs dont on voit le meilleur jour lorsque tout va bien autour d’eux, ou qu’ils évoluent à un niveau « facile » pour eux, mais qui sont incapables de se mettre au niveau quand l’adversité augmente un peu. Ce sont de gros poissons dans une petite mare.

La régularité est un combat de tous les instants.

Être un joueur professionnel de football demande à la fois des qualités footballistiques, physiques et mentales hors du commun, c’est indéniable. Une fois l’objectif atteint, que le joueur a réalisé sa première saison complète au haut niveau, il faut qu’un autre défi apparaisse, sinon quoi le cerveau se repose sur ses lauriers. Pour un club qui a un projet sportif cohérent, le défi du recrutement se trouve quasiment dans son intégralité sur l’aspect mental d’un joueur.

Son profil footballistique ? On le connaît, il peut s’intégrer à notre équipe. Son profil mental ? Question toujours difficile car la réussite d’un joueur dans un nouvel environnement se joue sur des détails qui ne sont perceptibles par quasiment personne à l’extérieur de sa tête. Ce combat vers la régularité, vers le toujours mieux, se vend à prix d’or dans le monde du football. Il est à la fois rare, convoité, et fragile.

Qui nous dit que le joueur qui sort d’une excellente saison va réussir à la reproduire ? En aura-t-il la force, ou l’envie ? Et qui peut prévoir que ce joueur que personne n’attendait va exploser parce qu’il a eu le déclic qu’il fallait pour travailler mieux et de manière plus intense pour atteindre de plus grands objectifs ? Si l’on étudie pas le sujet, le profil psychologique d’une personne, cela devient un pari.

L’ASSE recrute des joueurs à son image, mous et sans ambition

Depuis trop longtemps l’ASSE recrute en ses rangs des joueurs dénués d’ambition, dont la carrière est déjà derrière eux ou qui ne cherchent pas à viser plus haut. La recherche de la régularité n’est pas d’actualité. Le club fait de ces joueurs des cadres et s’étonne de ne pas pouvoir nourrir d’ambition. Pourtant il n’y a rien de plus logique, en recrutant des joueurs qui cherchent davantage le confort que l’ambition et le défi, ils adopteront les mêmes comportements sur le terrain. Ils se cacheront au lieu de prendre leurs responsabilité, ils se regarderont faire sur le terrain car aucun ne souhaitera prendre le jeu à son compte.

Avoir de l’ambition, c’est aussi s’entourer de professionnels qui ont le même état d’esprit. Et pour cela, il faut aller étudier les schémas de penser des gens avec lesquels on va travailler. Evidemment qu’un groupe de 22 joueurs de football ne peut être entièrement construits autour de joueurs affamés de réussite, mais il en faut au minimum pour construire un noyau exemplaire qui tirera l’ensemble du groupe vers le haut.

Aujourd’hui l’ASSE cherche depuis trop longtemps à construire de nouveau ce noyau, sans succès. Sous l’ancienne direction, ils ont pensé que l’appât du gain pouvait être une stratégie de recrutement viable. Le temps nous a montré que non. La nouvelle direction, elle, se penche sur la donnée statistique en laissant l’humain de côté. Est-ce une bonne stratégie ? L’avenir nous le dira.

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