La chronique de Timothée Maymon : « Une ordonnance s’il vous plaît ! »

Le Talk Show Stéphanois
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J’avais déjà mes angoisses de relégation, mes haut-le-cœur quand je voyais Petrot et Appiah porter le même maillot que Lubo et Piazza.

J’avais mes aliénations, calculant presque quotidiennement le nombre de points nécessaires au maintien en supputant contre qui nous allions les prendre.

Je vis aussi avec mes reflux gastriques, causés par un football sans identité et où la valeur monétaire l’a emporté sur les valeurs (au pluriel et pluriels).

Je me suis construit en tant que supporter sur le champ de ruines laissé après les décennies de domination du football français…

Bref, être supporter de l’ASSE, c’est une chance inestimable, mais c’est aussi un fardeau que l’on porte, convaincu qu’il est nécessaire et surtout qu’il est un bien communautaire. En se racontant cette histoire, on se dit que notre club a une identité, un supplément d’âme, un « je ne sais quoi » qui en fait un club à part.

À toutes ces névroses, qui me semblaient bien suffisantes, s’en est ajoutée une : l’ASSE, ne serait-elle pas devenue un club comme les autres ? Pire, un club moins que les autres ?

Tout au long du mois de janvier et face au constat consternant du début de saison, j’attendais fébrilement les communiqués du club pour venir passer un peu de pommade sur les plaies béantes de la fin 2024 (Nice, Rennes, Brest, etc…).

Avec Mr. Tanenbaum et Kilmer à la tête du vaisseau devenu fantôme, je m’attendais, tous les matins, à apprendre l’arrivée de ces 4 ou 5 joueurs qui me paraissaient essentiels, pour que cet effectif, qui végétait il y a un an dans le ventre mou de la ligue 2, prenne au moins des faux airs de Ligue 1.

Ça devait aller vite, on devait recruter fort et redresser la barre sans délai.

Mais voilà, ce club que je croyais au-dessus des autres, pour tant de raisons, semble être en dessous des autres aux yeux des acteurs du football.

Baptiste Santamaria n’a pas préféré Nice que pour le soleil, les infrastructures et la pérennité du club sont probablement plus rassurantes dans son choix de carrière.

Nampalys Mendy, à force de préférer Rennes, a oublié de partir de Lens.

Ayman Kari a préféré rester dans un club où il ne joue pas que de venir chez nous (Même si sur ce point je ne m’en plains pas, car quitte à avoir un Fomba dans son effectif, je préfère ne pas en avoir deux !).

Saint-Etienne n’attire plus, Saint-Etienne est un choix bis, si ce n’est ter. L’ASSE a perdu toute sa superbe aux yeux des footeux, alors même que l’arrivée d’un milliardaire à sa tête devait chasser les doutes financiers du passé.

Mais le goût douteux des footballeurs est finalement un fait avéré et s’ils ne savent pas voir dans Sainté l’extraordinaire, nous nous le voyons. Et après tout, se sentir fou dans un monde malade ne serait-il pas une gageure de bonne santé mentale.

Alors, mes névroses anciennes et récentes peuvent aller se faire voir, nul besoin de Xanax quand on fait partie d’un tout et que ce tout s’appelle Sainté.

Tôt ou tard tout le monde finira par le voir !

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