À l’approche de la possible fin (tant attendue) du règne de Romeyer-Caiazzo, nous avons décidé de déterrer quelques fossiles de cette période. Pour ce deuxième épisode, nous avons choisi de vous présenter le très élégant Marek Heinz, qui a passé une saison dans le Forez.

Un nouveau chapitre démarre à l’ASSE en cet été 2006. Élie Baup, le coach des Verts depuis deux saisons, prend ses cliques et ses claques suite à des désaccords (pas vraiment surprenants) avec l’inimitable direction stéphanoise. Il s’éclipse en compagnie de cadres du club tels que Zokora, Mendy ou Hellebuyck. Et alors, roulement de tambour… qui débarque sur le banc ? Ivan Hasek, tout droit sorti d’un tour du monde footballistique allant du Gabon au Japon, avec une escale à Dubaï.

Du côté des joueurs, la grosse recrue se nomme Ilan, qui arrive pour une somme record à l’époque de 6 millions d’euros. Il est accompagné de comparses tels qu’Hautcoeur, Bilos, Dernis, Landrin, et bien sûr, l’inimitable Marek Heinz.

Marek HEINZ – PSG / St Etienne – 25.02.2007 – 26eme journee de Ligue 1 – (Photo : Philippe Perusseau / Icon Sport via Getty Images)

Un international confirmé !

Le joueur tchèque est un milieu de terrain offensif de type 9 et demi qui a une patte gauche soyeuse et précise. À première vue, c’est un très bon coup réalisé par Sainté. Meilleur buteur du championnat tchèque en 2003/2004 avec 19 réalisations, Marek Heinz a remporté le titre de champion avec Banik Ostrava. Il a ensuite mis en avant ses compétences en Bundesliga avec Hambourg et le Borussia M’Gladbach. Accumulant 30 sélections, sa participation à l’Euro 2004 et à la Coupe du Monde 2006 atteste de son expérience internationale. Après la résiliation anticipée de son contrat avec Galatasaray, Heinz, désormais libre, a décidé de relever le défi proposé par l’équipe de Saint-Étienne. Son coach compatriote se réjouit de son arrivée : « C’était une très bonne opportunité à saisir. Marek est un joueur à vocation offensive qui va enrichir notre effectif. Je le connais bien. Il est malin. »

Recruté tardivement, il prend part à son premier match le 1er octobre en entrant à la 78e minute et est titularisé pour la première fois le 28 du même mois. C’est seulement à partir du mois de décembre qu’il parvient à enchaîner une petite dizaine de matchs en tant que titulaire en profitant des blessures et des méformes de ses coéquipiers. C’est alors que les supporters stéphanois découvrent un joueur joyeux, capable de passes extraordinaires, de frappes précises et d’envoyer des coups francs aussi majestueux que sa posture, toujours droite comme un « i ». Sa meilleure prestation a lieu contre Lens, lors d’une rencontre mémorable à Bollaert, lorsqu’il inscrit un doublé splendide. Les Verts mèneront 3-0 à la mi-temps avant de se faire rattraper dans les arrêts de jeu et concéder le nul. Cette saison-là, il inscrit 5 buts plus beaux les uns que les autres et délivre 3 passes décisives.

Un potentiel pas assez exprimé

Mais, à partir de mi-février, il ne joue plus beaucoup, du fait du retour de blessures de certains joueurs, des bonnes prestations de ses coéquipiers d’attaque mais aussi de sa fausse nonchalance. Cependant, son absence dans le onze correspond curieusement à une période difficile pour les Verts, qui encaisseront 9 défaites sur leurs 14 derniers matchs et se retrouveront à une décevante onzième position au classement final.

Lors de l’été suivant, le coach Ivan Hasek s’en va et Laurent Roussey est nommé numéro un. Il n’apprécie que très peu le profil de Marek Heinz et préfère recruter Payet et Gigliotti pour renforcer l’attaque. L’international tchèque met les voiles vers le FC Nantes, même si ces derniers ont fait une plongée en Ligue 2. La transaction ? Un joli pactole de 1,5 million d’euros. Malgré le fait qu’il ne foulera que rarement la pelouse chez les Canaris, ces derniers réussiront à remonter en L1 à la fin de la saison. À 31 ans, avec ses jours de gloire derrière lui, il décide de rentrer chez lui en République tchèque, où il achèvera sa carrière en deuxième division en 2016 avec le HFK Olomouc.

Il s’agit plus d’un rendez-vous raté entre Heinz et l’ASSE plutôt qu’un véritable flop, tellement le joueur aura impressionné lors de ses trop rares coups de génie. Ça n’enlève rien au grand joueur qu’il a été auparavant et aux émotions qu’il m’a personnellement procurées…