Lors de l’arrivée d’Olivier Dall’Oglio en fin d’année 2023, l’objectif était clair : donner un second souffle à une équipe en perdition. De plus, le nouveau coach stéphanois était également connu pour prôner un jeu très offensif. Une idée de jeu prometteuse qui contrastait avec le triste schéma de contre-attaque mis en place par Laurent Batlles face à Caen qui s’était prévisiblement essouflé.

Après un début d’année 2024 titanesque et une remontée fantastique au classement général et à la différence de buts, nous sentons ces dernières semaines une équipe se fatiguer. Et un jeu ressembler de plus en plus à celui que prônait Laurent Batlles avant son éviction. Retour sur l’évolution du jeu stéphanois autour d’une analyse.

Une montée à assurer ?

La première supposition, probable pour ce qui est des joueurs mais beaucoup moins du côté de l’entraîneur, c’est l’enjeu. Alors qu’il y a encore quelques lois l’équipe pouvait jouer de manière décomplexée, ce n’est aujourd’hui plus le cas. On le sait, nos joueurs sont bien plus à l’aise quand il s’agit de jouer sans enjeux qu’avec un objectif ambitieux. Désormais, le fait de jouer la montée est acté, il est possible que cela « paralyse » les joueurs. Une fois la deuxième place atteinte, ce ne serait pas la première fois que l’équipe se liquéfie. Cela ne doit cependant pas être au goût d’Olivier Dall’Oglio.

Ainsi, sous l’enjeu, chaque ligne, chaque schéma de jeu se retrouverait prisonnier du blocage psychologique des joueurs. Olivier Dall’Oglio a dû se rendre compte que ses joueurs jouaient mieux quand ils étaient « détachés », et qu’ils n’avaient pas besoin de se battre pour un objectif. Avec la pression montante, certains joueurs sont moins à l’aise. Notamment au milieu de terrain où constance et régularité ne sont pas les maîtres mots.

Ainsi il lui a fallu s’adapter. Par absence de solution. Par l’absence de diversité dans les profils des joueurs de son milieu de terrain. Par l’absence de maîtrise technique et physique, il a dû faire évoluer le jeu stéphanois, et par conséquence, le rendre plus fragile car moins basé sur la maîtrise.

Des joueurs cramés ?

Il ne faut pas l’oublier, une bonne partie des joueurs de l’ASSE ont eu une préparation tronquée et/ou des blessures à répétition. Ajoutés à cela l’âge ou l’incapacité des autres à saisir leurs chances et vous avez des joueurs titulaires qui se retrouvent cramés à la 30ème journée. Malheureusement le début de saison à laissé plus de traces qu’il n’y paraît.

En effet à la mi-saison les joueurs ont de nouveau dû effectuer une préparation physique ce qui peut être assez violent pour les organismes. On le voit depuis quelques journées, les joueurs n’arrivent plus à faire bloc, à défendre ensemble et en avançant. L’ASSE subit sans trouver les ressources pour répondre et le style tactique qu’ODO a voulu imposer en arrivant est énergivore.

ODO victime du syndrôme Batlles ?

Le syndrôme Batlles, nous pourrions le définir par le fait de « faire au mieux avec ce qu’on a ». Cela sous-entend également d’être sur un fil, d’avoir une stratégie et un plan avec son groupe davantage par défaut que par réflexion. L’ASSE ne fonctionne que sur du court-terme depuis quasiment six ans, nous pourrions nous dire que c’est dommage de ne pas avoir profité de la descente pour ouvrir une nouvelle page à ce sujet.

Ce serait également d’être tellement limité en termes d’options sur le terrain que l’entraîneur dans une position délicate où il ne peut pas mettre en place ce qu’il souhaiterait. Avoir dans son groupe des joueurs davantage présents pour le salaire que pour le projet, des profils qui ne correspondent en rien à ce dont l’entraîneur a besoin mais qui sont là pour faire le nombre. Pire encore, des joueurs qui ne sont tout simplement pas au niveau, que ce soit en terme d’exigence ou d’application de leurs qualités.

En résumé les éléments n’étaient pas alignés pour maîtriser à 100% cette fin de saison. Même si cette dernière est frustrante et peut laisser un goût amer, nous pouvons voir les choses de manière positives et nous dire qu’ODO, son staff et les joueurs ont essayé d’optimiser au mieux une saison pavées de mauvais choix, de paramètres indésirables et d’une gestion proche de l’abominable de la part de la direction. Et le jeu de cette fin de saison, bien que très décevant tant dans les prestations que dans les résultats, n’est que la suite logique de tous les éléments cités précédemment.