Voilà maintenant plus d’un an que Laurent Batlles a rejoint l’ASSE, accompagné dans ses valises de son célèbre 3-4-3 losange qui lui a valu beaucoup d’éloges à l’époque où il entraînait l’ESTAC de Troyes. Depuis les choses ont changé, la défense est en difficulté, le losange n’en est plus un, et surtout l’ASSE peine à trouver de bons profils pour tous les postes, notamment celui de piston. Après le replacement de Mathieu Cafaro à droite et le recrutement de Niels Nkounkou à gauche, beaucoup pensaient que ce chantier était fermé. Il n’en est rien puisque ce dernier va quitter le club. Décryptons ensemble ce qui rend fondamental le recrutement à ce poste.

Piston : poste fondamental dans l’idée tactique de Batlles

L’animation dans l’axe du terrain n’est plus la même qu’à Troyes. A l’époque, Laurent Battles s’accompagnait d’un Florian Tardieu en 6 qui était capable d’évoluer dans un style de Regista, de deux 8 extrêmement offensifs liant qualités physiques et techniques, ainsi que d’un 10, Dylan Chambost, capable de fluidifier très simplement le jeu, d’amener la passe qui ouvrait des brèches. Aujourd’hui ce dernier n’est plus que l’ombre de lui-même, Monconduit peine à remplir le rôle de Tardieu et notre milieu n’est plus composé que de trois joueurs. En effet Batlles a fait le choix de mettre deux joueurs sur la ligne d’attaque, dont un ayant un rôle plus créateur que l’autre.

Dans ce schéma les pistons ont deux rôles précis. Le premier rôle est d’écarter les défenses adverses pour permettre aux joueurs axiaux, plus nombreux, de s’engouffrer dans les brèches. En effet le sacrifice de deux joueurs de côté permettent à la fois d’ajouter un défense central, mais surtout d’avoir un axe plus dense avec un joueur supplémentaire. Le deuxième coup de cette idée tactique, c’est aussi que les adversaires, sachant l’axe de l’équipe de Batlles plus dense, essaient de ne pas s’écarter et laissent souvent s’échapper les pistons sur les côtés. Ces derniers, doués de qualité de percussion et de vitesse, et sachant bien centrer, sont alors libres de prendre le couloir pour déposer un centre dans l’axe, souvent bien rempli.

C’est là toute la nécessite d’avoir des pistons ayant le bon profil. Car s’il n’y a pas d’activité dans les couloirs, l’ensemble de la tactique s’effondre. Même si aujourd’hui la tactique de Batlles est frileuse tant elle semblait reposer sur les exploits individuels sur les sept derniers mois, il n’empêche que rien ne peut fonctionner sans les profils adéquats. Aujourd’hui le club n’a qu’un seul piston pour deux postes. Ce piston s’appelle Mathieu Cafaro et ne correspond pas totalement au profil recherché mais s’en sort plutôt bien car c’est un joueur intelligent et talentueux.

Nécessaire de trouver la perle rare ?

Arrivé depuis un an sur le banc de l’ASSE, Laurent Batlles peine à trouver une équipe type et surtout, peine à trouver des joueurs adaptés à la fois aux objectifs entérinés par le club et aux besoins tactiques du coach. Entre les joueurs qui ne sont pas au niveau, les joueurs qui quittent le club parce qu’ils visent plus haut, et les intermittents, le coach ne peut pas mettre son projet en place.

D’autant plus qu’il semble ne pas vouloir changer son projet de jeu, il y croit dur comme fer ! En effet lors du dernier match contre Rodez, il est même allés aux extrêmes, en plaçant deux défenseurs centraux en pistons. Alors, coup tactique ou provocation envers la cellule de recrutement ? Nous vous laissons la liberté d’interpréter ce geste.

Toujours est-il que la cellule de recrutement se doit de faire les efforts pour trouver la perle rare à ce poste. Même si les profils de « latéraux contre-attaquants » se font de moins en moins rares, il se trouve également que ce sont des profils très recherchés. Il est donc difficile de trouver le joueur qui correspond à tous les critères. Cependant c’est une nécessité absolue si l’on part du principe qu’il y a une confiance totale accordée à Batlles.