Très intéressé par le rachat de l’ASSE, Norodom Ravichak a dernièrement connu un important coup de frein dans son projet avec le communiqué des actionnaires actuels du club dénonçant la remise d’un faux document de garantie financière de sa part. Ayant répondu à ces dires via un communiqué transmis au journal L’Équipe, le Prince Cambodgien est allé encore plus loin en accordant une interview au même média dans son édition du jour afin de donner sa version de l’histoire. Extraits.

Soutenu par des amis chinois fortunés

« J’étais réellement en capacité de racheter l’ASSE. En mai, un avocat, Maître Carlos Bejarano, est venu me proposer d’être porteur de ce projet. C’était une opportunité. J’ai beaucoup rigolé en découvrant que j’étais un prince milliardaire. La vérité, c’est que je gagne bien ma vie. Je suis un privilégié, pas un milliardaire, mais j’ai des amis chinois fortunés qui me soutiennent. Cela fait dix ans qu’ils font des affaires avec ma famille et ils connaissent mon amour pour le football. Or, ils veulent entrer en Europe par ce biais. »

Le Prince voulait rester discret

« Il ne s’agissait donc pas d’adosser l’ASSE à un État souverain. On a parlé de 250 M€. Il s’agit de la fortune personnelle de mon oncle, sa Majesté du Cambodge, pas de l’argent qui aurait servi à acheter l’ASSE. C’est d’ailleurs ce qui m’a contraint à m’exprimer sur RFI, sitôt après que mon nom est sorti dans la presse (le 18 septembre). La fuite ne vient pas de moi et elle m’a causé des ennuis. Mon but était de rester discret jusqu’à la signature officielle. Je sais que ma sortie médiatique a pu me faire passer pour un opportuniste et j’ai ensuite reçu un mot des gens de KPMG (cabinet d’audit et de conseil chargé d’éplucher les candidatures) me demandant de respecter ma clause de confidentialité. Mon avocat leur a expliqué qu’au regard de mon statut d’ambassadeur officiel auprès de sa Majesté, on m’a demandé de clarifier les choses. Car cela a fait grand bruit dans mon pays qu’on dise que je suis le prince héritier, ce qui n’est pas le cas malgré mon sang royal, et que 100 M€ puissent venir de la réserve du roi. Je le répète : il s’agit de fonds chinois. »

Deux offres formulées et aucune explication pour la « fausse garantie bancaire »

« J’ai adressé deux offres. La première, de 30 M€, en juin. Refusée. Puis, plus rien. La seconde, de 60 M€, plus 40 M€ à injecter tout de suite dans l’actif du club, sous réserve de l’étude de la data room (la chambre renfermant toutes les données comptables du club). Cette dernière a été transmise juste après avoir envoyé la garantie bancaire de 100 M€ de la Deutsche Bank (le 13 septembre). Lors de ma première offre, j’ai envoyé une lettre de caution signée par le PDG de Soteria Capital, un fonds d’investissement très réputé de Hong Kong et dont la maison mère est Bank of Asia. Nari, mon frère, et moi-même, sommes au board. KPMG l’a refusée, au motif que l’origine des fonds n’est pas vérifiable. J’ai été étonné qu’il émette des doutes alors qu’il n’y avait pas encore eu de transferts de fonds en France. Et si cela avait été le cas, Tracfin (service de renseignement français chargé de la lutte contre la fraude fiscale) aurait filtré l’argent. Bien que cela m’ait vexé et que je me sois senti ostracisé, j’ai contacté Maître Carlos Bejarano. Il a alors été convenu de faire appel à Prolan Group SA, une structure financière basée à Genève, en Suisse, et qui travaille avec la Deutsche Bank. Je ne peux pas expliquer pourquoi les signatures qui figurent au bas de la garantie bancaire émanent de Marcus Schenck, qui a quitté la Deutsche Bank il y a trois ans, et de Christian Sewing, qui n’apparaît pas sous ses fonctions actuelles. Je n’ai jamais émis ce document ni rencontré Philippe Soulié, le patron de Prolan, à qui j’ai demandé des comptes. Si quelqu’un a fauté, c’est celui qui a émis ce document, Prolan ou la Deutsche Bank. Je n’ai rien à me reprocher. De plus, comme cette lettre n’a pas été utilisée pour entrer dans la data room, je ne vois pas comment il pourrait y avoir une tentative d’escroquerie. »

Un communiqué qui a tout stoppé et une possible plainte du Prince

« Après avoir demandé à une banque cambodgienne de m’établir une lettre de caution – avec toujours la même origine des fonds -, je voulais faire une dernière offre. À prendre ou à laisser. Mais ce communiqué (ndlr : celui l’accusant d’avoir donné un faux document) m’a coupé dans mon élan. J’ai demandé à mon ambassade à Paris de vérifier : le club n’a pas porté plainte contre moi. Malgré mon passeport diplomatique, je me tiendrais à la disposition de la justice française. Je me réserverai aussi le droit de porter plainte à mon tour. »

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