Cela fait désormais plus de 10 ans que les sanctions collectives envers les supporters tuent l’ambiance dans les stades. La ligue s’entête avec ces sanctions qui n’améliorent rien, pire encore, les incidents se multiplient. L’ASSE, en première ligne, subit ces mesures coercitives sous les yeux de nos dirigeants. Coups de gueule, état des lieux et piste de réflexion.

Des comportements inexcusables

Si la ligue est la principale responsable du climat délétère dans les tribunes, certains comportements de supporters sont inexcusables. Les incidents survenus à la suite du match de barrage contre Auxerre peuvent être compris dans un certain contexte, mais ils demeurent totalement inadmissibles. En ce qui concerne les événements qui se sont déroulés à Rodez, il vaut peut-être mieux éviter d’en discuter. Pour résumer, la violence est inexcusable. En revanche, l’utilisation des fumigènes, criminalisée par la ligue, qui a infligé des dizaines de sanctions, ne doit pas être considérée comme de la violence. Il est impératif de distinguer clairement les supporters qui allument des fumigènes et ceux qui se livrent à des actes violents. L’utilisation des fumigènes doit être défendue.

Il faut aussi rappeler que les ultras jouent un rôle social important, en organisant des collectes de fonds pour la lutte contre le cancer ou en apportant leur soutien aux soignants lors de la pandémie de COVID-19.

Des sanctions injustes

La commission de discipline de la ligue a pris des décisions très critiquées en ce qui concerne les fumigènes, aboutissant à de nombreuses sanctions incluant des matchs à huis clos. Cependant, sa récente décision à la suite des événements de Rodez est considérée par beaucoup comme l’une des plus honteuses de son histoire. Pour rappel, l’ASSE a été sanctionnée de deux matchs à huis clos pour les 2 kops en raison d’événements qui ont eu lieu dans un autre stade. Rien n’indique que les fauteurs de troubles de Rodez sont abonnés à ces tribunes.

Des innocents ont donc été condamnés pour des actes qu’ils n’ont pas commis, comme c’est malheureusement souvent le cas avec la ligue. Cette fois-ci, ils sont même condamnés sans être sur place. Une décision plus que kafkaïenne, d’autant plus que moins d’une semaine plus tard pour des débordements globalement similaires, les Bordelais ont été condamnés à une simple interdiction de déplacement. L’ASSE et les supporters stéphanois seraient-ils jugés plus durement que les autres ? Peut-être …

Un club qui ne soutient pas ses supporters

Après qu’une semaine se soit écoulé depuis la décision de suspendre les deux kops pour deux matchs, l’ASSE n’a toujours pas formulé de recours. Les dirigeants avaient pourtant évoqué la possibilité d’un appel. Ce ne serait pas la première fois que la direction ne soutient pas leurs supporters, qui ont pris l’habitude de ne plus contester les décisions de la commission. Mais dans une période de fortes tensions, il aurait été sage de faire front commun avec les supporters afin de ne pas envenimer la situation. À moins que les dirigeants ne se satisfassent de cette situation, qui leur permettrait d’expliquer les résultats sportifs catastrophiques ? Cela est peu probable, surtout que les tensions entre les ultras et la direction ne datent pas d’hier. On se souvient bien sûr du contexte de la dissolution des GA92 en 2013.

Crédit photo : foot-national.com

Que faire ?

Il n’y a certainement pas de solution miracle pour ramener le calme et l’ambiance dans les tribunes. Cependant, des idées simples pourraient certainement apaiser les choses.

Il faut, d’abord, mettre fin aux interdictions de déplacements. Si l’interdiction avait été levée lors d’Ajaccio – Bordeaux, il n’y aurait pas eu d’incidents. Escorter les supporters à l’approche du stade adverse jusqu’à des parcages de qualité empêcherait de nombreux débordements.

La fin des sanctions collectives est une obligation. Nulle part ailleurs dans la société et la justice les citoyens ne paient pour les autres. La punition collective est même interdite à l’école. Les supporters ne sont pas des citoyens de second rang, rien ne justifie ces répressions d’un autre âge.

Les clubs doivent soutenir leurs supporters et tout mettre en œuvre pour que tout se passe bien. Dans un monde footballistique où l’argent des sponsors et les droits TV sont rois, les gestionnaires ne doivent pas oublier que, sans la passion, les clubs ne valent rien.

Il faut que tout le monde prenne ses responsabilités. Seuls les coupables doivent être sanctionnés après chaque événement violent. Des sanctions justes, à durée déterminée, prises par les instances et soutenues par les clubs, et surtout par les responsables de groupes de supporters. Un grand ménage soutenu par les Ultras serait la seule solution pour que ces sanctions soient acceptées et comprises de tous.

Et surtout ne pas oublier que « Sans la passion, le football est mort. C’est juste 22 hommes sur une pelouse qui tapent dans un ballon. C’est de la merde.  Ce sont les supporters qui font du football quelque chose d’important. »

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