À quelques jours du coup d’envoi de la saison de Ligue 2 2023-2024, l’ASSE met les bouchées doubles pour peaufiner sa préparation en vue de l’objectif clairement défini : la promotion en Ligue 1. Mais si cette ambition semble logique pour un club aussi prestigieux que l’AS Saint-Etienne, il est très difficile d’être optimiste. Selon moi, il y a, au contraire, plusieurs raisons d’être pessimiste.
Une concurrence accrue.
Avec les quatre relégués de la saison passée de L1, la concurrence pour la remontée s’est trouvée renforcée. En effet, on a du mal à imaginer un club comme Angers ne pas jouer la montée après quasiment 10 ans passés au premier échelon du football français. L’ESTAC, habitué à faire l’ascenseur, sera aussi un concurrent très sérieux. L’AJ Auxerre, qui a réalisé une bonne fin de saison en L1 avec un très bon coach, sera sûrement dans la continuité des derniers mois et risque de finir dans les deux premiers. L’AC Ajaccio de Romain Hamouma semble moins armé que les autres relégués, mais les Corses auront à cœur de bien figurer.
Les Girondins de Bordeaux sont passés à deux doigts de la montée et vont vraisemblablement perdre peu de joueurs grâce à leur président qui a remis la main à la poche. Ils ont déjà recruté un gros nom de L2 en la personne de Weisebek, et un Slovène prometteur pour remplacer Maja. Très clairement, Bordeaux est le grand favori pour le titre de champion de L2. Il ne faut pas oublier les clubs qui ont joué la première partie du tableau la saison dernière et qui voudront encore se battre pour la L1. Le SM Caen, avec son nouvel entraîneur J-M Furlan habitué aux montées, l’EA Guingamp et le SC Bastia auront aussi leur mot à dire dans cette course à l’élite.
Avec les quatre descentes et les deux places pour une montée directe, ainsi que les trois places de barragistes, il n’y aura aucun ventre mou. Toutes les équipes auront donc quelque chose à jouer et aucun match ne sera facile.

Des pièces maîtresses en moins.
Si l’AS Saint-Étienne a réussi une très bonne seconde moitié de saison dernière, c’est en grande partie grâce à Jean-Philippe Krasso (9 buts et 8 passes décisives) et Niels Nkounkou (6 buts et 7 passes décisives). Or, si le premier est déjà parti, le second devrait partir dans les prochaines semaines. Krasso a été remplacé par l’expérimenté Sissoko, mais aucune rumeur en cas de départ de Nkounkou n’a encore été évoquée. Le départ de l’international U23 dans les derniers jours du mercato sans remplaçant digne de ce nom serait une catastrophe pour l’équipe. Outre les statistiques de Nkounkou, c’est surtout son profil, qui collait parfaitement au système de jeu de Batlles, qui serait une grande perte. L’inquiétude est donc dans le fait que le board stéphanois semble ne pas avoir anticipé le choix du remplaçant de Nkounkou.
Des énièmes dissensions internes.
On le sait, à Sainté, la moindre difficulté peut réveiller les tensions entre les dirigeants. Que ce soit Romeyer, Soucasse, Perrin, Caiazzo ou Batlles, ils sont tous capables de sortir une phrase assassine à l’intention d’un autre dirigeant. La saison 23-24 ne devrait donc pas être épargnée par les tensions en interne. Surtout qu’elles ont déjà été ressenties il y a quelques semaines lorsque Caiazzo et Romeyer ont critiqué le mercato et la stratégie estivale mise en place par le triumvirat de décisionnaires.

Un système de jeu peu adapté.
Laurent Batlles a mis en place un système à 3 défenseurs avec des latéraux plus offensifs que défensifs depuis son arrivée. Sur le plan offensif, cela ne pose aucun problème, car l’AS Saint-Étienne a terminé en tant que meilleure attaque de L2. En revanche, défensivement, le système n’est pas très efficace, comme le montre la performance des Verts qui ont terminé parmi les trois pires équipes défensives de la saison. Or, on sait que la défense joue un rôle crucial pour la promotion en Ligue 1. Les trois équipes qui ont lutté pour la montée tout au long de la dernière saison étaient également les trois meilleures défenses de la ligue (Metz, Le Havre, Bordeaux). De même, lors des deux saisons précédentes, les équipes qui sont montées directement étaient toutes parmi les 3 meilleures défenses du championnat (Toulouse et Ajaccio en 2022, Clermont et Troyes en 2021).
Cette tendance souligne l’importance capitale d’avoir une défense solide pour aspirer à la promotion. Les Verts doivent donc absolument progresser défensivement dans ce système de jeu ou changer de dispositif s’ils veulent espérer être promus. Il faudra aussi souhaiter beaucoup moins de blessures pour le capitaine Briançon, dont les absences ont été clairement préjudiciables l’année dernière.
La saison 2023-2024 se profile avec un ensemble de défis considérables, qui rendent difficile d’envisager avec optimisme une montée en Ligue 1. Les joueurs, le staff, les dirigeants et les supporters devront être à l’unisson pour que le club retrouve son rang.











heu ! Krasso c est les pénos qui font son score de buteur…Quant à la montée, oui ça me semble aussi compliqué au vu des équipes qui ont le niveau pour monter.