Les députés, les ministres et les associations ont décidé d’ériger en problème prioritaire de la France le langage des tribunes en les taxant de racisme et d’homophobie alors qu’elles ne le sont pas plus (et pas moins certes) que le reste de la société. Une idée aussi louable que démagogique : taper sur un espace public restreint, populaire, et surtout télévisé, est sûrement une façon plus rapide de faire monter leur côte au ranking de la bien-pensance, plutôt que de tenter d’éduquer une société entière qui souffre des mêmes maux que les tribunes (puisqu’elles n’en sont que le reflet !).
Je vais les laisser diviser sur le dos du foot et vous parler d’un langage commun… Commun contre toutes attentes.
Ce dont je veux vous parler ici, c’est d’un vocable et d’un sentiment partagé par des communautés que tout oppose.
Je ne vous ferai pas l’affront d’évoquer avec vous la parabole surannée du langage universel que serait censé être le football.
Je vais vous parler du fait que deux fois par an, une seule communauté comprend et ressent précisément ce que traverse la mienne et inversement.
60 kilomètres et un monde nous séparent, les flots ont même décidé récemment de couper les ponts entre nous et eux ! Tout nous oppose, ils sont ce que nous ne sommes pas, nous sommes ce qu’ils ne seront jamais. Et pourtant, et pourtant…
Eux savent comme nous ce que cela représente, ils savent quelle angoisse nous tiraille le ventre chaque matin de la semaine qui le précède. Mieux que quiconque, ils nous comprennent quand arrive l’heure de ce rendez-vous.
Sur un point, sur un point au moins, nous sommes parfaitement unis, comme un diapason contre-nature et pourtant évident. Parce qu’ils ont grandi en nous détestant, parce que nous avons grandi en les haïssant.
Parce qu’ils voient en notre simplicité populaire de la bêtise, parce que nous voyons dans leur sophistication citadine de l’arrogance.
Mais surtout parce que l’amour de leur club s’est écrit à l’encre de la haine du nôtre. Parce que nous ne saurions aimer tant si nous ne détestions pas au moins un peu.
Aussi, parce qu’à travers la France tous ont tenté de s’inventer une rivalité, tous ont essayé de pimenter leurs émotions d’une dualité factice, tous ont voulu s’acheter un ennemi pour tenter de toucher du bout du doigt ce que nous ressentons.
Aussi absurde que cela puisse paraître, aussi inepte que cela puisse se lire, aussi violent que cela puisse être de l’écrire pour moi : jusqu’à ce week-end, nous serons frères. Les pires qui soient, mais frères quand même !
Notre ressentiment est sincère, et profond, il est historique et ancré de part et d’autre de Givors… Et pourtant, jusqu’à dimanche, notre communauté verte et leur communauté rouge et bleue ne feront qu’une : la communauté du derby !











Élégamment bien dit…!!! 💚💚💚