Longuement interviewé dans la dernière édition du journal L’Équipe, Claude Puel s’est penché sur la situation actuelle de son équipe et a tenté de clarifier le plus possible le contexte de la crise sportive. Extraits.

Un groupe qui se forge dans l’adversité

« La première victoire contre Clermont me donne-t-elle des raisons de croire au maintien ? Pas seulement par rapport à cette victoire. Elle vient se rajouter à ce qu’on fait depuis le début de saison dans l’adversité. Je trouve un groupe combatif, qui ne lâche rien. Il n’y a pas de tricheurs. Tous les joueurs sont mobilisés, ont pris conscience de la situation et donnent tout pour le club. Quand on regarde le contenu de nos matches, à part contre Nice (0-3, le 25 septembre), il y a beaucoup de choses intéressantes. On a souvent subi des scénarios contraires. À part à Lens (2-2, le 15 août), on a toujours concédé le premier but, et on s’est retrouvés à batailler, mais l’équipe ne s’est jamais désunie. Ce groupe se forge dans l’adversité depuis deux ans. Il sera fort. Ce sera bien pour le futur des joueurs. Mais cela n’occulte pas notre situation. »

Un défi à relever tous ensemble

« Je crois aux vertus du travail, de la remise en question, de la prise de conscience du défi qu’on doit relever tous ensemble. C’est un long parcours. Il faut qu’on cherche les trois points à chaque match, en ayant toujours en tête que d’autres équipes qui nous accompagnent en bas du classement ne sont pas loin. L’objectif, c’est de terminer dans les dix premiers. Mais comment le fixer avec un groupe qui a tout encore à prouver et des équipes autour de soi qui font des mercatos à coups de dizaines de millions d’euros ? »

Faire comprendre aux plus jeunes où ils évoluent

« On a mis l’accent sur ce que pouvait représenter le club. Parce que le football est un sport collectif, joué par des individualistes. Entre les data et les environnements de joueurs, tout pousse à l’expression individuelle. L’entraîneur est de plus en plus à contre-courant, il essaie de faire fonctionner l’ensemble. Il faut inculquer aux jeunes des notions de partage, de collectif. Il faut aussi savoir où on évolue. Avant Lyon (1-1, le 3 octobre), on s’est, joueurs et staff, rendus au musée des Verts. C’était important de partager ça, avec les plus jeunes qui n’ont pas connu la grande époque, de leur montrer où ils évoluent : dans le meilleur club français. On a pris une photo avec de grands anciens (Larqué, Rocheteau, Hervé Revelli, Santini, Janvion…), et certains ne les connaissaient pas. »

Un décalage entre le réel et les desiderata

« On espère toujours capitaliser. Mais entre les desiderata et le réel, il y a un décalage. On a beaucoup travaillé pour prolonger des jeunes, on a fait un travail de projection. Quand on réalise une bonne saison, beaucoup de joueurs peuvent penser que ça va couler. Là, c’est de l’apprentissage. Il y a eu aussi la période du mercato, avec pas mal de déstabilisation et de rumeurs, et trop de joueurs perméables. Ils ne sont pas tous revenus en ordre de bataille, même ceux qui me semblaient dotés d’une certaine stabilité émotionnelle, d’une maturité. C’est comme ça. On ne pouvait pas le planifier. »

À la croisée des chemins

« C’est le football. Tu es 19e, 20e, on dit que tu n’es pas crédible, pas audible. Mais il faut dépasser le cadre du résultat, prendre de la hauteur, car on est à la croisée des chemins. L’enjeu, c’est qu’à la fin de la saison, on soit en Ligue 1, en ayant créé des actifs. C’est ça, la priorité. Ceux qui seront aux manettes auront la possibilité de bâtir dessus. Si on arrive à tenir le deal, on rendra un club neuf, qui pourra réinvestir, qui aura vécu des choses difficiles mais qui pourra s’inscrire dans le futur avec des ressources, des compteurs remis à zéro. C’est particulier de dire ça. Pour l’opinion publique, un club 19e ou 20e ne vaut rien. Mais en termes de ressource pour l’avenir, c’est plus intéressant pour un acheteur de reprendre un club qui vient de se maintenir avec des actifs que d’en prendre un qui vient de faire un super résultat mais creusé de déficits et sans actif. C’est paradoxal, mais c’est la vérité. Après cette saison, le club sera neuf. Il repartira sur des bases extraordinaires d’investissement futur. »

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