Assez rare dans les médias, Claude Puel s’est récemment longuement confié dans le magazine bimestriel Vestiaires et a évoqué différents sujets sur lesquels nous reviendrons dans la journée. Pour débuter, l’entraîneur des Verts évoque sa situation à l’ASSE et explique que ce qui est réalisé depuis deux ans est « assez exceptionnel« . Extraits.

Un club en grande difficulté financière

« J’ai rejoint un club qui a vécu largement au-dessus de ses moyens, qui n’a plus de quoi honorer cette politique-là, qui se retrouve en grande difficulté financière sans aucune possibilité de recruter à titre onéreux, qui doit au contraire faire baisser la masse salariale, et dans lequel il n’y a pas d’actif au niveau des joueurs, pas de jeunes qui ont été développés à part Saliba, déjà vendu… »

Un entraîneur un peu maso ?

« Quand je vois mon parcours, je me dis que je suis un peu maso. Je suis allé là où pas un technicien sensé, qui a envie de faire carrière, ne serait allé. Parce qu’il n’y avait que des coups à prendre. Joueur, déjà, j’aimais qu’on me mette dans l’équipe la plus faible, pour me challenger. C’est un truc à la con mais qui m’a toujours suivi, encore aujourd’hui. J’ai rarement hérité d’équipes performantes et j’ai dû souvent repartir de zéro pour gravir les échelons. Mais toujours avec l’envie d’aller jouer le haut de tableau, la coupe d’Europe. »

Un travail ingrat

« Ce qui est réalisé depuis deux ans à Saint-Étienne, dans les conditions dans lesquelles cela est réalisé, c’est assez exceptionnel. Il y aurait tant de choses à dire et de belles histoires à raconter ! Parfois, j’essaye d’expliquer, mais  bon…  On ne retient que “ils ont gagné” ou “ils ont perdu”, c’est comme ça. C’est un travail ingrat car les gens ne savent pas. Ils voudraient qu’on joue l’Europe alors qu’on est en mission de sauver le club et notamment financièrement, en dégageant des actifs avec le développement de jeunes joueurs. Avant que d’autres profitent, plus tard, de notre travail… En attendant, je dois continuer à avancer, le plus souvent dans l’adversité et l’incompréhension, en essayant de ne pas faire porter tout ce poids aux joueurs ni au staff. »