Souvenez-vous, le 29 mai 2022, au terme d’une soirée chaotique ponctuée par une descente en Ligue 2, les dirigeants de l’AS Saint-Etienne publiaient un communiqué de presse évoquant une « nouvelle importante pour l’avenir du club« . Plus d’un an plus tard, force est de constater que rien n’a évolué au club. Pire, la situation semble se dégrader de jour en jour et les espoirs d’une remontée ne semblent être que de lointains souvenirs.

Les violences survenues ce soir du 29 mai 2022 ne sont absolument pas excusables mais symbolisent le climat ambiant depuis quelques années : un ras-le-bol le plus total. En effet, l’AS Saint-Etienne n’est pas un club comme un autre. Plus qu’un club, il s’agit d’un symbole culturel de tout un territoire, un symbole qui se doit d’être respecté. Par les joueurs, par les jeunes, par les différents staffs et par les dirigeants.

Malheureusement, si l’espoir était de mise à l’aube de cette saison, notamment en raison d’une communication insistant sur l’objectif d’une remontée, nous ne pouvons que constater qu’il ne s’agissait que d’une poudre aux yeux. Aujourd’hui, à cinq jours de la 6ème journée de Ligue 2, le mépris de l’institution stéphanoise ne fait guère plus de doutes.

Il y a 3 jours de cela, l’ASSE disputait une rencontre face au FC Sion, club de seconde division suisse. Un match organisé dans le plus grand des secrets, comme si les supporters stéphanois n’étaient pas en droit d’être tenus au courant du programme des hommes de Laurent Batlles. Un match dont le résultat sera annoncé quelques heures plus tard, avec la nouvelle annonce d’une défaite. Rien d’interpelant visiblement, le coach stéphanois déclarant que le but de cette rencontre était « de remplir les joueurs physiquement. »

Quel dommage que certains cadres de l’équipe ayant pris cela au pied de la lettre, ceux-ci ayant profité, d’après les informations de Peuple-Vert, de cette trêve pour profiter d’une sortie nocturne du côté d’un club de La Talaudière. En effet, à l’heure où l’ASSE pointe à une inquiétante 15ème place avec 5 pauvres petits points au compteur, Gauthier Larsonneur, Anthony Briançon et Matthieu Cafaro n’ont rien trouvé de mieux que de faire parler d’eux en raison de leur soirée en boîte de nuit plutôt que de leurs performances sportives. Si le premier n’a pas à rougir de ses performances sur le terrain et peut se targuer d’être l’un des meilleurs Stéphanois sur le champ, que dire de ses deux compères ? Anthony Briançon, capitaine de l’AS Saint-Etienne, en méforme physique depuis le début de la saison, peut-il véritablement se permettre une soirée publique en boîte de nuit, à l’heure où le climat autour du club devient de plus en plus délétère ? Mathieu Cafaro, absent depuis le 19 août pour raison d’une blessure aux côtes, ne devrait-il pas mettre toutes les chances de son côté afin de revenir aider son club en forme ? La question qui se pose légitimement est la suivante : Qu’en sera-t-il des sanctions à l’encontre de ses joueurs ? Je pense que bon nombre de supporters ont déjà la réponse, le club n’étant aujourd’hui plus qu’un simple champ de ruine où chacun vivote comme il l’entend.

Rappelons qu’en 2020, une légende stéphanoise comme Stéphane Ruffier a été licencié pour bien moins que cela au motif « d’atteinte à l’institution », lui ayant toujours été à la hauteur des couleurs stéphanoises. Je dois vous avouer, chers lecteurs, que je m’interroge sur les suites de ce qu’il adviendra de CETTE véritable atteinte à l’institution. De plus, l’ASSE peut-elle encore se permettre d’avoir un capitaine avec une telle attitude ? La réponse est NON. Le brassard ne devrait-il pas revenir à un homme comme Léo Pétrot, celui-ci ne faisant parler de lui que pour ses performances sportives ? La réponse est OUI.

Cette sortie n’est en point anodine et témoigne d’un cruel manque d’investissement d’une bonne partie des joueurs, celui-ci étant déjà facilement perceptible sur le terrain. Les joueurs sont les premiers responsables de cette situation qui tend à se dégrader petit à petit. Néanmoins, ne minimisons pas la responsabilité de l’encadrement et des dirigeants.

Le staff ne semble plus être à la hauteur de la situation, le coach Batlles semblant désemparé à chaque rencontre de l’AS Saint-Etienne. Moi-même ayant longtemps cru en l’ancien milieu des verts, il semble évident qu’un changement s’impose, et rapidement. Mais attention, il serait bien trop facile de croire que celui-ci est le seul responsable de son échec dans le Forez. Certes, celui-ci s’est entêté de son fameux système à 3 défenseurs. Certes, certains changements tactiques en cours de match sont parfois inquiétants.

Mais est-il plus responsable que la direction sportive qui aura laissé partir son meilleur buteur et meilleur passeur gratuitement ? Est-il plus responsable qu’une cellule de recrutement qui se sera fait dépassée pour tous les dossiers qu’elle aura tentée de finaliser cet été ? La réponse est NON. Vous pouvez ne pas être bon dans votre travail, mais faut-il encore que l’on vous mette dans la meilleure des dispositions pour réellement observer votre potentiel.

Ne parlons surtout pas des dirigeants, ceux-ci ne faisant que de simples apparitions pour rappeler la vente d’un club qui dure depuis maintenant plus de 3 ans. Ne parlons surtout pas de cette absence de défense des supporters face à la dernière sanction infligée à la ligue. OUI, des centaines de supporters ont fauté lors d’un déplacement à Rodez tristement célèbre en raison d’une bagarre entre Stéphanois. Mais comment pouvons-nous accepter une telle décision pour des faits survenus à l’extérieur ? Comment le club peut-il ainsi mépriser ces milliers de supporters qui seront privés de deux matchs à domicile en raison des agissements de quelques fauteurs de troubles ?

Messieurs, comme vous avez pu le lire en préambule, respectez nous et soyez dignes de notre histoire, de nos couleurs et de nos valeurs. Vous n’êtes que de passage au sein de cette institution alors soyez à la hauteur de celle-ci. L’AS Saint-Etienne est forte d’un glorieux passé mais perdure dans le présent grâce à ses supporters. Oui, certains de ces supporters peuvent parfois être défaillants. Mais ne retenez qu’une chose : le jour où ses supporters ne seront plus là, la faute à votre mépris toujours plus présent, celle-ci ne sera plus qu’une simple légende dont vous serez les responsables de la fin.