Même la communication du club l’a compris, l’ASSE, sans son public, n’est qu’une coquille vide. La campagne d’abonnement des Verts, cette année, ne se fait pas sur un nom ronflant de l’effectif, pas même sur une capture d’une célébration de but.
La star à Sainté, c’est le public : ce public connaisseur, amoureux, mais qui n’a pas été loin de se détourner quand les années Puel sont venues plomber la passion, quand l’ère Romeyer/Caiazzo semblait s’étirer comme trop peu de confiture sur une tartine trop longue…
Mais parce que ce club est à part, parce qu’il ne répond pas aux conventions, parce qu’il déjoue les statistiques, il a pu rattraper in extremis le cœur des hommes et des femmes à jamais épris de lui.
Un coach humain, un repreneur canadien, une page qui se tourne et nous voilà mordus : avec le sentiment d’être les privilégiés qui assistent à la création d’une nouvelle ère.
Sainté ne peut que réussir : il y a un peu d’oseille, des idées nouvelles, le recrutement de joueurs sûrs et celui d’inconnus. Forcément, au fond de nous, nous voyons en Boakye le nouveau Zokora, nous imaginons Ben Old comme un Ricky Van Wolfswinkel qui s’envolera, un soir de derby, tromper le gardien des gones et libérer tout un peuple.
On est humains parce que l’on rêve, on est stéphanois parce que l’on rêve de ça. Le supporter d’aujourd’hui est devenu un comptable, un triste apothicaire calculant sur son boulier ce que peut-être l’avenir d’un club en fonction de son budget, ce qu’est la vérité d’un championnat en regardant son coefficient UEFA.
Et bien, parce que nous avons la chance d’être stéphanois, je dis merde à cela. Je mets mon hémisphère gauche et cartésien en congé et ouvre grand les bras au rêve, à l’irrationnel, à l’invraisemblable.
Car après tout, ce club nous a précisément prouvé que parfois David peut battre Goliath, que l’émotion est plus forte que la raison et qu’aimer vaut mieux que calculer.
Ce credo sera, je l’espère, dès le 18 août à Monaco celui de tous les Stéphanois à commencer par les 11 qui seront sur le terrain, ce sera notre devoir d’espoir !










