Qui aurait cru que les neuf années de collaboration entre l’ASSE et Stéphane Ruffier se terminent par un licenciement ? Probablement personne mais c’est pourtant bel et bien vers cette fin que l’on se dirige doucement mais sûrement. Élu joueur de la décennie le 4 janvier 2020, le portier de 34 ans est aujourd’hui mis à l’écart du groupe et ce depuis une défaite à Brest le 16 février dernier. Pire, depuis cet été, il enchaîne les mises à pied et son cas n’en finit plus de faire parler de mois en mois, divisant un bon nombre de supporters sur les réseaux sociaux. Aujourd’hui, j’ai décidé de prendre ma plume pour revenir sur cette situation calamiteuse et peut-être faire reprendre raison à notre si belle communauté stéphanoise.

Une mise à l’écart comme pour tant d’autres

Tout débute après une nouvelle cinglante déroute de nos Verts à Brest la saison dernière, où Puel décide par la suite d’écarter Ruffier, peut-être afin de créer un électrochoc comme il l’avait fait auparavant avec Kolodziejczak, mais rien ne s’est passé comme on aurait pu l’imaginer. Dès cette décision prise, le prétendu agent du portier basque, Patrick Glanz, a rependu son venin dans la presse et pas n’importe laquelle puisqu’il s’est directement exprimé dans le plus grand média sportif français, le journal L’Équipe, puis en a rajouté une couche le soir même sur le plateau télé du célèbre quotidien. Un florilège de phrases chocs qui n’auraient certainement jamais dû voir le jour et qui auraient, si elles n’étaient pas sorties, évité à cette simple mise à l’écart de quelques matchs de tourner à un véritable fiasco sportif et humain.

Un agent qui met le feu aux poudres

Pour vous rafraîchir la mémoire en voici plusieurs extraits : « Depuis que Puel est arrivé à Saint-Étienne, l’entraîneur a établi un rapport de force dictatorial avec toutes les composantes du club (joueurs, médecin, staff, employés…). Mais là, il crache sur une légende de l’AS Saint-Étienne. Il le désigne comme le coupable de ses mauvais résultats, de façon injuste et lâche. À moins que ce changement ne fasse partie de son fameux turnover dont on connaît la réussite.« . Par la suite il multiplie les attaques personnelles envers l’entraîneur stéphanois : « Cet entraîneur était détesté à Lyon, Nice et Leicester, où des joueurs respectés en Premier League, comme l’international anglais Jamie Vardy et le gardien du Danemark Kasper Schmeichel, n’ont pas manqué de l’incendier quand il est parti (…) Quand un entraîneur, à trois heures d’un match au Parc des Princes contre le PSG (défaite 6-1, ndlr) est à deux doigts d’en venir aux mains avec un de ses milieux de terrain, tout est résumé. (…) Il y a dix jours, Puel a dit en conférence de presse que Stéphane est un excellent gardien. La semaine dernière il le reçoit, il lui dit qu’il n’a jamais eu autant besoin d’un gardien que lui, qu’il fait partie des deux seuls joueurs de classe de l’équipe. Stéphane essaie de compenser tout ce que fait Puel, toutes les histoires. Stéphane n’a pas de problème personnel, c’est l’un des seuls joueurs avec lesquels il parlait…  Puel veut virer le chef du recrutement, son adjoint. Demain il va vouloir virer l’entraîneur des gardiens, puis après le médecin. ». Pour terminer, l’agent va même jusqu’à mettre en garde Puel en mentionnant directement les deux présidents de l’ASSE : « Cet entraîneur a commencé une entreprise de démolition et je crains qu’après avoir eu des problèmes avec tout le monde, il en ait aussi avec ses présidents car je n’imagine pas Bernard Caîazzo et Roland Romeyer continuer à le laisser faire encore longtemps. ».

Moulin numéro un, Ruffier totalement écarté

Après ces paroles, la messe était dite, Stéphane Ruffier n’allait probablement jamais rejouer en Vert, sauf improbable retournement de situation. Glantz venait donc d’enterrer son joueur. Seule solution, un départ de Puel, chose totalement illogique et qui aurait plombé la crédibilité des présidents et du nouveau projet stéphanois. Les mois passent, la saison s’apprête à reprendre après plusieurs semaines sans jouer à cause de la crise sanitaire et de nombreuses interrogations subsistent au sujet du poste de gardien titulaire à l’ASSE. L’entraîneur des Verts vient alors clore tout débat et annonce avec fermeté que Jessy Moulin sera le gardien numéro un pour la saison 2020-2021. Il revient sur son choix et explique clairement en être arrivé là à cause des propos tenus par Patrick Glanz quelques mois plus tôt : « J’ai eu une discussion avec Stéphane pour lui dire que Jessy démarrera la saison. Au départ de cette histoire, j’avais prévu de faire souffler Stéphane un match ou deux. Et puis, il y a eu une situation qui a débordé, des choses extra-sportives se sont passées. ». Seulement voilà, le club n’a vraiment pas un budget important pour son mercato et l’idée de garder l’un de ses plus gros salaires alors qu’il ne jouera pas pousse Puel à sortir totalement Ruffier de la hiérarchie des gardiens, afin que celui-ci comprenne qu’il serait mieux pour lui de partir.

Puel ne veut plus de Ruffier

Malheureusement, Ruffier ne l’entend pas de la même oreille et souhaite rester, probablement pour regagner sa place de numéro un dans un club pour qui il a tout donné depuis quasiment une décennie. Trop tard, les idées de Puel sont claires, il ne compte pas s’appuyer sur un joueur dont l’agent l’a démonté dans le presse, qui plus est sans aucune excuses par la suite. Celui-ci annonce alors que le numéro seize stéphanois a tout bonnement refusé d’être numéro deux, information totalement fausse qui vient mettre un nouveau coup de massue dans cette histoire. Non, Ruffier n’a pas refusé d’être numéro deux mais Puel ne souhaite tout simplement plus travailler avec lui suite à tout ce qui s’est passé les mois précédents. Problème, de son côté, l’emblématique gardien des Verts ne veut toujours pas partir et la situation devient de plus en plus problématique puisque le club s’apprête à vivre une saison entière où elle devra payer une très grosse somme chaque mois pour un joueur « mis au placard ». S’en suis alors tout ce que vous savez déjà, des mises à pied répétitives sans véritables cohérences, plusieurs lettres recommandées et un licenciement qui se rapproche malheureusement de plus en plus. Concernant les propos de Puel au sujet du refus d’être la doublure de Moulin, l’avocate de Ruffier sera obligé de prendre la parole et d’expliquer que son protégé n’a pas pu refuser d’être gardien remplaçant puisque cette solution ne lui a pas été proposée. Entre attaques personnelles totalement gratuites et mensonges, nous sommes donc servis dans ce dossier, nous supporters et passionnées de notre club.

Un gros impact sur les supporters

Et oui, il fallait bien en venir à ceux qui sont les seuls garants des valeurs de l’AS Saint-Étienne, c’est-à-dire NOUS. Nous les amoureux de ce maillot à l’écusson étoilé, nous les personnes qui vibrons chaque semaine, jour et heure pour ce club, nous qui sommes finalement les plus impactés mentalement par cette situation qui n’en finit plus d’écorcher l’image de l’ASSE et d’un des joueurs pour lequel nous avons eu le plus d’attachement ces dix dernières années. Preuve en est de cette situation catastrophique, nous en sommes même arrivés au point de nous « battre » entre nous, de nous insulter sur les réseaux sociaux et pire encore, de tout simplement nous diviser. Oui, nous diviser… Pro Ruffier, anti Ruffier, dans cette affaire, n’oublions pas que nous sommes avant tout tous épris d’amour pour ce logo ovale surmonté d’une étoile qui a marqué l’histoire du sport français, et même l’histoire tout court de notre pays. Entre ceux qui jugent Puel responsable, ceux qui ne débattent qu’avec des « Ruffier est un con » ou ceux qui s’en prennent ouvertement à nos dirigeants, soyez-en sûr, toutes les parties sont responsables de cette bérézina sportive et humaine. Tout le monde est à blâmer car chacun sait évidemment que cette situation nous fait du mal mais personne ne s’en préoccupe vraiment, finalement nous ne sommes bons qu’à encaisser et subir chaque mois les conséquences de cette histoire. Malgré tout, nous serons toujours là, comme à chaque fois et rendrons bien évidemment un vibrant hommage par nos écrits à Stéphane Ruffier si celui-ci venait à être licencié…

Allez les Verts !