Trois cent cinquante millions d’euros. C’est ce que doit désormais Mediapro à la LFP en ce début du mois de décembre. Une ardoise complètement folle qui met à mal tous le football français, pas épargné par le coronavirus de cet été. Mais quid de l’ASSE ? En proie à des difficultés financières importantes selon plusieurs médias (Mediapart, Le Parisien…), les présidents et le club stéphanois ont tenté de rassurer son monde. D’abord par les mots mais aussi par les ventes avec le dernier versement d’Arsenal pour le transfert de Saliba et la vente de Wesley Fofana à Leicester.

Une vente du club à prévoir ?

Pour autant, c’est le journaliste indépendant Romain Molina qui a jeté une nouvelle pierre dans l’océan du foot français en affirmant que de nombreux clubs seraient rachetés d’ici la fin de la saison. Dans le cas contraire les déficits seraient si grands que l’actionnaire majoritaire du club devrait investir de sa poche pour empêcher le club de couler.

S’il ne cite pas directement l’ASSE, comment ne pas croire que le club peut-être visé par cette prédiction ? D’autant que quelques semaines auparavant, Romain Molina (encore lui) affirmait que la recherche d’un 3e actionnaire semblait de nouveau d’actualité. A la différence cette fois que les montants demandés étaient bien moins importants que ces dernières années.

Coïncidence entre cette nouvelle recherche avec des montants plus bas et l’incapacité de Mediapro à payer ses échéances pour la diffusion de la Ligue 1.

Combien perd le club au final ?

D’après des estimations faites notamment par le site Sportune, l’ASSE aurait du toucher dans les alentours de 75 millions d’euros de droits télés. Une somme impressionnante qu’il faut néanmoins revoir à la baisse étant donné les dernières performances désastreuses de l’ASSE.

Quand bien même il s’agit de 70 millions d’euros qui pourraient ne pas être versé à l’ASSE, soit 73% de son budget qui pourrait s’évaporer. Malgré les ventes, un dégraissage de hauts salaires importants et une balance de transfert positive de près de 40 millions, le club pourrait ne pas y survivre.

La fermeture des stades et l’absence de billetteries et donc de recettes de match sont également à déplorer. Moins importantes que les droits télés qui font majoritairement vivre les clubs français, l’ASSE y compris, celles-ci sont tout de même à souligner et ne permettent même pas d’entretenir un espoir.

Pourtant, le double passage devant la DNCG cet été laissait la place à l’espoir. La DNCG était désormais « convaincue » de la bonne foi de l’ASSE.

Un contraste entre les pertes supposées et la bonne santé financière reconnue par l’instance financière suprême du foot français.

Et maintenant ?

Au-delà des pertes quasiment certaines des droits TV des mois d’octobre, novembre et décembre non payés par Mediapro, il convient de se tourner vers l’avenir. Et il semblerait que ce soit Canal + qui tienne la corde…. Pour le moment.

L’offre de 590 millions d’euros + 100 millions d’avance est sur la table, mais la chaine cryptée souhaite attendre. Attendre que Mediapro et la Ligue trouvent enfin un terrain d’entente, ce qui revient à dire que la Ligue attend son paiement. Un paiement que Mediapro ne (veut ?) peut pas faire pour l’instant.

Une situation bloquée donc pour l’instant et qui fait perdre du temps et concomitamment de l’argent si l’on se fie au célèbre proverbe.

Si l’on ressert à l’ASSE (bien que le problème soit bien plus grand que le club stéphanois), il faudrait être madame Irma pour savoir ce qu’il va se passer dans les prochains mois. Ce qui est sûr et certain, c’est que l’ASSE ne pourra pas se passer éternellement de ressources, si la situation se régularise et que Canal + ou Mediapro (on peut rêver) payent, l’ASSE aura toujours les moyens de compenser grâce à une balance de transfert positive.

Le mercato d’hiver qui s’approche pourrait aussi être bénéfique aux Verts financièrement s’il est fait intelligemment. Clairement des recrues seraient les bienvenues mais si des départs lucratifs venaient à se profiler… il serait à mon sens bête de refuser.

Quoi qu’il en soit l’ASSE n’est pas morte financièrement. Elle attend patiemment, la fin de l’orage à l’image du foot français.