Porté disparu depuis plus de 4 ans, Bernard Caïazzo n’est plus apparu dans le Chaudron depuis la période du COVID-19. Coulant des jours heureux du côté de Dubaï, le désormais ancien actionnaire des Verts ne se sera pas fait remarquer pour son intérêt pour le club lors des dernières années de ses fonctions.

Néanmoins, notre cher « Nanard » semble avoir retrouvé sa langue (et quelques millions) depuis la vente du club, celui-ci enchaînant le tour des médias depuis l’officialisation de la vente de l’ASSE au groupe Kilmer Sports Ventures.

Interrogé dans les colonnes de l’Equipe, Caïazzo s’est montré une nouvelle fois très loquace, n’hésitant pas à s’approprier les mérites de cette vente au groupe canadien.

« Lors d’une réunion avec Larry et Pagliuca, les financiers ont estimé que c’est trop tôt. Ivan m’a téléphoné ne comprenant pas ce qui se passait. Moi, j’étais très mal car je pensais qu’on allait faire un mercato d’hiver assez costaud. Je suis parti en vacances en famille dans le nord-est du Brésil. J’apprends que Larry se trouve dans sa résidence d’été à Palm Beach, en Floride. Début janvier, je pars à Miami, où on passe la journée à discuter tous les deux. Je lui explique qu’il n’y a pas un paramètre humain négatif et qu’il est fait pour l’ASSE. Il me répond :  »Écoute, je vais donner carte blanche à Ivan pour reprendre le dossier. Il faut qu’il soit le maître d’oeuvre et toi, l’interface. » Je vais le voir à New York, fin février. Ivan me demande :  »Quelle est l’importance de l’aspect financier pour les actionnaires ? » Je lui réponds :  »Le plus important, c’est que vous conserviez la direction et tous les emplois. » Il me dit :  »Si le club ne monte pas, financièrement, c’est une catastrophe. Donc, pour vous, l’offre ne va pas correspondre à vos attentes. » Je le lui ai redit :  »Le montant pour les actionnaires n’est pas hors sujet, mais secondaire. » […]

Oui (concernant l’accélération de la vente du club), cela a été une course contre la montre avec notamment trois rendez-vous avec la DNCG. Elle ne rigole pas, elle a été très stricte et Ivan, très brillant. Le rapport final de la DNCG est excellentissime. Vincent Labrune (président de la LFP) a également déjeuné avec Ivan, pour me faire plaisir. À la fin du repas, il lui a dit :  »Je vous veux ! Mon modèle foot, c’est la NBA ». Or, Ivan est copain avec Don Garber, le patron de la MLS. On peut me reprocher beaucoup de choses, mais la place et l’influence de l’ASSE étaient plus fortes quand je siégeais à la Ligue pendant quatre ans et présidais, Première Ligue que celle de Lyon. Combien d’élections j’ai gagnées contre Jean-Michel Aulas. L’exemple, c’est celle de Labrune par quinze voix contre dix à Michel Denisot, son candidat (le 10 septembre 2020). Aulas a réussi une carrière de dirigeant supérieure à la mienne. Il est aussi celui qui a récupéré le plus d’argent, 100 M€, de la vente de son club qui perdait 100 M€ par an. […]

Oui (s’il se sent soulagé), car le mec qui n’a jamais fait la vente d’un club ne peut pas savoir ce que cela implique. Il y a 2 500 détails, chaque document doit être expertisé, signé, il y a eu un échange de 850 questions-réponses entre Kilmer et nous, pour un acte de vente de 400 pages. Moi, j’ai racheté le club en 2003, sans garantie de passif. Quand j’y repense, j’ai été un fou, un clown, sans faire d’audit. Tout le monde a oublié, mais je me suis pris 5 M€ de passif derrière. Avoir réussi à faire venir une sommité comme Larry, c’est inespéré. J’ai réussi un strike, et pas en étant quatrième de L1. J’en tire une fierté. (Jean-François) Soucasse, (Loïc) Perrin et (Samuel) Rustem ont ramené le club en L1. Pas moi. Ils ont fait leur job. J’ai fait le mien dans l’ombre. »