Gardien de l’ASSE de 1997 à 2001 (65 matchs joués), Jérôme Alonzo a un attachement particulier pour le club stéphanois et s’est confié hier soir au sujet de la crise actuelle sur France Bleu Saint-Étienne Loire dans des propos rapportés par Poteaux Carrés. Celui qui est désormais commentateur sur Prime Video révèle ses craintes pour la suite de la saison mais explique que ce groupe a de quoi faire mieux, même si cela doit peut-être passer par un licenciement de Claude Puel.

Très inquiet

« Je suis triste, concerné et inquiet comme tous ceux qui ont le club dans leur cœur. Je suis suiveur, passionné comme tout le monde et je suis extrêmement inquiet de ce qui se passe sur le terrain et aussi en dehors. Ça peut être aussi un acte fondateur ce match-là. Parfois les derbys font tourner une saison. Espérons que cette fois-ci ça tournera dans le bon sens pour nous. Je suis consterné depuis un bon moment. Quand le championnat avait été arrêté en raison du Covid, Saint-Étienne avait été l’un des grands gagnants car déjà à l’époque les Verts n’étaient vraiment pas bien. La mauvaise situation ne date pas d’il y a deux mois mais d’il y a deux ans. »

Un effectif qui peut largement se maintenir

« L’effectif stéphanois est au niveau pour se maintenir, évidemment. Il y a des bons joueurs à chaque ligne. J’ai commenté plusieurs matchs des Verts, notamment celui à Monaco. Honnêtement, Monaco est très bien payé sur ce match même si son effectif est largement supérieur. Mais sur ce match il y a deux poteaux en dix secondes, un autre poteau à 1-1 à 10 contre 11. Sur ce match les Verts sont hyper mal payés. Mais ça n’explique pas tout, il y aussi des manquements tactiques, des gros manquements techniques par moment. Mais pour moi cet effectif a largement sa place en Ligue 1. On doit pouvoir laisser trois équipes derrière nous normalement. »

Un groupe qui a besoin d’amour ?

« Il faut se mettre à la place du coach et du staff et voir ce que l’on a sous la main. Moi j’opterais pour la dimension humaine. Je suis beaucoup dans l’affect, quand je bosse aussi. J’ai l’impression que ce groupe manque cruellement d’une dimension humaine. J’ai l’impression qu’il n’y a pas de liant entre le staff, le coach et le groupe. Je pense que c’est un groupe qui a besoin d’amour, qui a besoin qu’on l’aime, qui a besoin qu’on s’intéresse à lui, qui a besoin de discuter beaucoup et de faire sortir des choses. Si j’avais les clés du camion, je pense que je me pencherais en premier lieu sur l’humain car j’ai la conviction que ce groupe a largement la qualité pour finir 12ème ou 13ème. »

Puel n’a plus les clés et le discours pour inverser la tendance ?

« Moi je suis toujours dans l’humain et pour défendre les coachs quand c’est défendable. Maintenant, Claude Puel ou un autre, quand vous avez une série de matchs comme ça, avec un groupe comme ça, c’est forcément que dans la chaîne un maillon s’est cassé. Je ne suis pas là pour défendre Claude Puel, que je connais, que j’apprécie et qui a fait une carrière d’entraîneur immensément riche. Il a fait progresser, il a sorti des joueurs. Maintenant, a-t-il les clés, le discours, a-t-il encore l’envie ? L’envie je pense. Le discours et les clés, je suis moins sûr. Claude Puel ou un autre, si ça ne marche pas il faut changer, malheureusement c’est la vie des coachs. Je pense que tout doucement on va vers la fin de l’histoire parce que le fameux choc psychologique un jour ou l’autre sera inévitable pour ce groupe-là. »