Président exécutif de l’ASSE depuis l’été dernier, Jean-François Soucasse n’aura eu besoin que d’une saison pour participer au plus gros naufrage moderne de notre club. Premier à sortir du silence suite à la relégation entérinée dimanche soir, le dirigeant de bientôt 50 ans s’est en effet exprimé ce matin sur l’antenne de France Bleu Saint-Étienne Loire. L’occasion pour lui d’expliquer pourquoi personne n’a pris la parole depuis la désillusion face à Auxerre mais aussi de porter l’entière responsabilité de ce terrible échec et de se tourner brièvement vers l’avenir. Extraits.
Une responsabilité plus grande qu’une simple prise de parole
« On a entendu personne certes, mais je crois qu’il y a eu un communiqué des actionnaires qui a été publié à la fin du match et qui a abordé certains sujets. Quand vous vivez une espèce de deuil, il y a une double sidération : celle liée à la descente et puis aussi celle liée aux évènements. Quand vous descendez aux vestiaires à la fin du match, qu’il y a des pleurs, des cris, beaucoup de joueurs, de staff prostrés, de fumée, du gaz lacrymogène. J’ai considéré et je considère toujours -n’en déplaise à certains- que mon rôle et ma place, ce n’est pas d’aller montrer ma tête pour lâcher deux ou trois propos convenus.
Je sais bien qu’on est dans un mode de communication où tout le monde aimerait réagir à tout. Moi, quand on vit un moment d’une telle intensité émotionnelle, je crois sincèrement que notre place est avec les gens qui construisent ce club et construisent notre quotidien.
Je comprends ce qu’ont ressenti les gens. Auraient-ils été sérieusement apaisés par une prise de parole de Jean-François Soucasse, disant quelle était la déception du club, à quel point ces actes étaient condamnables ? Peut-être… Malheureusement, je crois que notre responsabilité, aujourd’hui, est bien plus grande qu’une prise de parole. C’est un peu plus complexe que ça. »
Soucasse porte la charge de l’échec
« La première chose à dire, c’est que c’est une saison manquée. C’est une relégation à laquelle on n’a jamais voulu croire. D’autant plus quand elle finit par la double confrontation contre un club de Ligue 2, dans un stade acquis à notre cause. Ce groupe-là a souvent flirté avec le vide, mais il avait su, jusqu’à présent, toujours l’éviter, faire preuve de résilience. Donc, le premier constat est qu’il ne faut pas fuir nos responsabilités. On ne peut pas trouver d’autres responsables que nous.
Aujourd’hui, je porte la charge de l’échec. Ça me paraît être la moindre des choses. Ce n’est pas parce qu’on est dans le silence qu’on est dans l’inaction. Je porte à l’heure actuelle aussi la responsabilité de permettre à ce club de se relever. Aujourd’hui, une relégation en Ligue 2, c’est un budget divisé par deux, ce sont des incidences financières, économiques, juridiques, commerciales.
Bien évidemment, cette éventualité avait été anticipée. Mais là, ce n’est plus un risque. Là, on est dans le concret. Donc, ça veut dire des arbitrages. Président de club, c’est pas seulement avoir un avis ou un regard sur la partie sportive. Pas du tout. Aujourd’hui, c’est une entreprise. Et moi, mon métier, c’est comment on redimensionne un club. Et je souligne que les derniers 18 mois ont permis de consolider de manière très significative la pérennité économique du club. »
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