Clément Grèzes et Margot Dumont nous racontent leur saison des Verts !

Le Talk Show Stéphanois
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Crédit : Baptiste Boutreux

La saison dernière restera comme historique pour les Verts, ceux-ci retrouvant la Ligue 1 au terme d’une saison riche en rebondissements. Diffusée majoritairement sur les antennes de beIN SPORTS, l’ASSE a donc vécu une saison des plus passionnantes aux côtés du célèbre trio composé de Clément Grèzes, de Robert Malm et de Margot Dumont.

Contactés en toute fin de saison dernière, Clément Grèzes et Margot Dumont ont accepté de répondre à quelques-une de nos questions pour évoquer cette saison stéphanois des plus mouvementées. L’occasion d’évoquer quelques souvenirs alors que les Verts retrouveront l’élite du football français dans quelques heures.

Comment avez-vous vécu cette saison de Ligue 2 si particulière ?

Margot Dumont : Franchement, c’était une saison assez exceptionnelle. Avoir Sainté et Bordeaux en Ligue 2, pour nous et pour le championnat, c’était génial, même si on préfère, évidemment, les avoir en Ligue 1. Le fait d’avoir Sainté qui joue les premiers rôles, même si cela a été un peu sur le tard, franchement super. En termes d’attractivité du championnat et des audiences, tout cela super. C’est un club mythique, qui n’a rien à faire en Ligue 2, d’avoir pu, quelque part, les accompagner dans leur remontée en Ligue 1, ça a été assez génial à couvrir.

Clément Grèzes : On a vécu cette saison assez normalement, elle n’était pas particulièrement particulière. Elle l’était surtout pour les supporters stéphanois. Pour nous, elle était assez classique. Il y a eu une différence assez importante par rapport aux saisons précédentes, parce que Sainté est vecteur d’un intérêt populaire qui nettement plus important que tout autre club, à l’exception de Lens peut-être, qu’on a eu ces dernières saisons en Ligue 2. Donc, forcément, ça crée une continuité dans notre suivi qui a rendu les choses un peu plus particulières. Pour le reste, on s’est amusé, où les luttes les plus intéressantes, c’étaient les luttes pour les 3/4/5èmes places. Donc voilà, c’était une bonne petite saison assez sympa.

Pour vous, quel a été le tournant de cette saison en Ligue 2 ?

MD : Je pense que l’un des tournants cette saison, au-delà de l’arrivée de Dall’Oglio et son staff, a été la victoire contre Troyes 5-0, où Sainté a pris confiance d’un point de vue offensif et défensif. Il y a une prise de conscience. Derrière, ils ont déroulé, tu vois, il y a quand même 3-0 contre Angers, ils gagnent difficilement contre Annecy, match qu’ils n’auraient peut-être pas gagné l’année d’avant, ils ne perdent pas contre le Paris FC, ils battent Auxerre… Je pense que cette période mi-février, mi-mars, a été un véritable tournant dans la saison de Sainté où le groupe a pris confiance en lui.

CG : Pour moi, c’est le match après Dunkerque. Parce que tout indiquait, à ce moment-là, que Sainté allait replonger. Il y a eu une question fondamentale qui s’est posée régulièrement à Sainté, c’était de savoir s’ils étaient capables et comment ils étaient capables de rebondir alors même qu’on avait remarqué à plusieurs reprises qu’ils avaient des difficultés à réagir en début de saison. Ils avaient des difficultés à emballer les rencontres, à se sortir de la peur à domicile par exemple. Le match après Dunkerque, je trouve que c’est le match le plus important, parce qu’il dit que Sainté ne s’enfonce pas et est capable de rebondir.

Au début de saison, auriez-vous pensé que la saison serait aussi indécise jusqu’à la fin dans la course à la montée ?

MD : Franchement non, je pensais qu’on serait fixés un peu plus tôt dans la saison, plus au mois d’avril ou peut-être même fin mars. C’est vrai que ce championnat était vraiment surprenant jusqu’à la fin, j’ai rarement vécu des championnats de Ligue 2 où c’est aussi indécis, où cela s’est joué jusque dans les dernières minutes de la dernière journée. Non non, je ne m’y attendais pas, donc franchement super, à suivre, je pense que pour le supporter, les téléspectateurs et pour nous les journalistes, cela a été vraiment génial.

CG : Si on regarde la saison en Ligue 2, elle n’a pas été particulièrement indécise en haut, Auxerre et Angers se sont assez vite détachés et ont donné l’impression qu’ils allaient tenir jusqu’au bout. Il y a eu la question de Sainté avec le retour qui a modifié les choses, mais sur les derniers instants de la saison finalement. Jusqu’à la 34ème, c’est une saison qui suit un cours assez tranquille, il y a eu Laval bien sûr, des clubs qui étaient présents dans le top 2/ top 3, mais la prime à la régularité, qui est souvent ce qui compte en Ligue 2, pour Auxerre et Angers, semblait indiquer que c’étaient eux les grands favoris. Ce qui nous a surpris, c’est le retour de Sainté, et la capacité des Stéphanois à ne pas être juste Top 5, ce qui était l’objectif d’ODO quand il est arrivé, mais d’être un potentiel top 2, c’est ce qui nous a surpris.

Comment avez-vous perçu la saison de l’AS Saint-Etienne en tant que commentateurs/journalistes ?

MD : La saison, si tu veux, elle est en deux temps. Il y a une première partie de saison compliquée avec Lolo (Batlles) qui avait mal démarré, puis une super série, puis une série négative de novembre/décembre où ils ont perdu tous leurs matchs. Donc en fait, la première partie de saison est assez bizarre, mauvais débuts, super série, l’équipe a replongé ensuite, donc assez étonnant. Et puis deuxième partie de saison, ils ont pris conscience des choses et surtout, il y a eu un gros recrutement, il ne faut pas l’oublier. Le recrutement a fait beaucoup de bien, le changement d’entraîneur qui a aussi fait du bien, même si je pense que Lolo faisait du très bon boulot avant Olivier qui en fait de l’excellent. Mais je pense que ce recrutement a été intelligent, des mecs comme Cardona, comme Mbuku qui a été un supersub, ont fait beaucoup de bien à l’équipe, il ne faut pas l’oublier et bien le noter. J’ai perçu cette saison comme une saison riche en rebondissements, très intéressante à suivre… Très attrayante en fait, c’est comme cela que je le dirai.

CG : La saison de Sainté a d’abord été très contrariante pour pleins de raisons différentes. En tant qu’amoureux du foot, c’était le jeu qui nous importait, et le jeu du début de saison a été franchement décevant. Ce qui nous importe aussi, en tant qu’amoureux du foot et en tant que diffuseur aussi, parce que c’est ça notre rôle, c’était l’ambiance. Il ne faut pas oublier que cette année, l’ambiance a été un peu décevante par séquence, il y a eu des matchs où il y avait 9000 personnes dans le Chaudron, il y a eu des fermetures de tribunes régulières, les débordements à Rodez… Il y a eut tout un tas d’évènements qui ont été décevants pour nous, qui attendions qu’une chose, c’était du jeu et du spectacle. Et puis la seconde partie a été nettement mieux, parce qu’accompagner une rémontée, quelque soit le club, c’est assez chouette à vivre et à partager.

À la mi-saison, auriez-vous pensé voir l’ASSE monter en Ligue 1 ?

MD : Clairement, j’avais des doutes à la mi-saison. Je commençais à me dire “mais non, ils vont encore galérer” alors que clairement, on les attend là-dessus cette saison. J’étais assez pessimiste, mais je sais aussi qu’une saison, c’est très long, qu’en 3-4 journées, tu peux te refaire. Si tu as un bon enchaînement de victoires, cela peut aller très vite dans le classement. J’ai gardé dans un coin de ma tête que Sainté pourrait très bien se refaire et que ça dépendrait très certainement du recrutement. Ce recrutement qui a été très bon, donc au final, ils se sont donnés les moyens d’exister dans la seconde partie de ce championnat.

CG : Je pensais, à mi-saison, que Sainté serait dans le top 5, je l’avais dit d’ailleurs dans une interview. Au moment du remplacement de Laurent Batlles par Olivier Dall’Oglio, je trouve que l’objectif top 5 est totalement réalisable, parce que l’écart n’est pas colossal, parce que c’est un nouvel entraîneur qui connaît la Ligue 2 et les montées donc je n’était pas très inquiet. Parce que l’effectif était un effectif top 5 Ligue 2 assez évidemment, et parce qu’en plus, le marché des transferts d’hiver correspond très bien à Saint-Etienne. Autant il est difficile, même pour Saint-Etienne, d’attirer des joueurs en Ligue 2, autant il est plus facile d’attirer des joueurs en Ligue 2 en hiver, même des joueurs de bon niveau, mais qui sont en échec dans leur club, cela a été le cas de Cardona et de Mbuku. Pour le coup, la Ligue 2, ils se disent « OK, d’accord, très bien, je veux bien y aller, j’ai besoin de temps de jeu« . Donc, je pensais top 5, après pour la montée, on peut dire oui j’y croyais ou je n’y croyais pas trop, de toute façon, cela se joue à la 116ème minute du barrage, donc quelque soit l’avis qu’on avait, on avait raison, parce que cela se joue à quasiment rien.

En tant que commentateurs, est-ce difficile de commenter une équipe si régulièrement et de ne pas « créer » un lien d’affection avec celle-ci, surtout avec un club aussi mythique ?

MD : C’est humain, évidemment que tu crées des liens d’affection avec les salariés, les dirigeants, certains joueurs… C’est humain, tu ne vas pas rester comme un robot avec un masque et ne jamais sourire et ne jamais parler. On vit des choses avec eux, je les vois avant match, après match, en dehors des interviews, on discute, on crée des liens… Il y a aussi des joueurs que j’ai connus dans d’autres clubs, comme Flo Tardieu que j’ai connu à Troyes ou Tom Monconduit à Amiens, ce n’est pas que sur les matchs de Saint-Etienne que les liens se sont créés. Après quand tu fais souvent la même équipe, on est un peu plus dans la confidence avec certaines personnes, donc cela crée une valeur ajoutée pour aller chercher certaines informations pour le téléspectateur. Au final, je pense que c’est bien et positif de créer des liens comme ça et d’en faire profiter au téléspectateur, afin que cela soit une plus-value pour lui.

CG : Avec l’équipe, c’est assez facile de ne pas créer de liens particuliers, alors bien sûr, on a beaucoup vu ODO ou Laurent Batlles, comme on a vu beaucoup certains joueurs et humainement, c’est des personnes qu’on apprécie. Mais, il y a des joueurs, des coachs, qu’on apprécie dans tous les clubs de Ligue 2. Il n’y a pas forcément de lien particulier. Le lien particulier, il existe avec tous les supporters qu’on peut croiser, et pour peu qu’on ait un petit peu d’empathie, il y a des gens qu’on voit, des gens dont on se rend compte que pour eux, le club est extrêmement important. Puis, il y a une ambiance à laquelle on s’attache et qui fait la particularité des clubs aussi populaires que Saint-Etienne. Ces ambiances-là on les aime, ce n’est pas forcément parce qu’on aime Saint-Etienne, c’est parce que le foot se nourrit de ces ambiances-là : le rapport est plus à l’ambiance et aux supporters qu’aux joueurs et au club. On aurait pu avoir un intérêt similaire pour un autre club capable de nous offrir des scénarios, des ambiances comme on en a eu cette année.

La pression du stade, notamment lors des derniers matchs, peut-elle influencer la manière de commenter le match ?

MD : Il vaut mieux poser la question à Clément ou à Roby puisque je ne commente pas à proprement parler, même si je m’insère dans le commentaire. Après, au bord de terrain, là où tu ressens encore plus la pression, parce que tu es entouré des bancs et surtout, je suis à proximité du banc de Sainté à chaque fois. Dès que y’a une décision arbitrale, il y a un mec du staff qui vient me voir, parce qu’il sait que j’ai les commentaires dans mon oreillette et il me demande “alors ?”. Donc oui, tu es complètement dans cette spirale de pression parce qu’on t’y emmène quelque part et que l’enjeu est aussi très fort et que tu es emmené par cet enjeu. Mais que cela soit pour Sainté ou pour les autres clubs, c’est pareil pour tous les clubs. En plus, le fait d’avoir été joueuse, tu te prends encore plus au jeu, parce que tu te mets encore plus dans la tête du joueur et que c’est des choses que tu as vécues. Je pense que c’est aussi assez sympa à vivre.

CG : La pression du stade ne change pas la manière de commenter, c’est la pression des matchs, les scénarios des rencontres. Je vois bien que je finis la saison avec la voix qui part en sucette (rires), me concernant, le but de Wadji, je le rate totalement parce que j’ai la voix qui monte dans les aigüs, c’est horrible. C’est le scénario qui fait ça. J’ai eu le même problème pour Rodez – Paris FC parce que le scénario est incroyable. C’est les scénarios qui font que les commentateurs peuvent aller un peu trop loin ou trop haut, et là, en l’occurence, je suis allé un peu trop loin et un peu trop haut et je ne me suis pas totalement contrôlé. Mais c’est plus ça l’histoire, que la pression du stade ou la pression des supporters, c’est plus la particularité des enjeux.

Quel a été le match de l’ASSE le plus agréable à commenter ? Le plus difficile ?

MD : Il n’y a pas forcément des matchs plus agréables que d’autres. Il y en a qui marquent plus que d’autres. Moi, l’un des matchs des Stéphanois qui m’aura le plus marqué cette saison, c’est le Saint-Etienne – Bordeaux. Ils sont à 10 contre 11 et ils renversent le match dans les dernières secondes avec un doublé de Cardona. Franchement, c’était incroyable, c’était un truc de fou. À vivre bord de terrain, au stade, c’est un truc de fou. Ce match-là, moi, il m’a marqué, tant au niveau de l’ambiance, du scénario, de l’enjeu et des faits de matchs. Je pense que ce match a aussi été un tournant de la fin de saison de l’AS Saint-Etienne, franchement, il m’a marqué.

CG : Le match de l’ASSE le plus agréable à commenter… Il y a Bordeaux, le retour, parce que le match n’est pas exceptionnel, mais le scénario de dernière minute est incroyable, que le but est exceptionnel et que je ne m’en remets toujours pas. Je trouve qu’on critique beaucoup les joueurs, qu’on dit qu’ils ne réfléchissent pas, qu’ils ne sont pas intelligents, et je trouve que le but de Cardona raconte tout l’inverse. Il raconte des capacités d’analyse, des capacités de lucidité, de maîtrise d’eux-même et une intelligent dont on ne fait pas toujours la publicité. Après, les matchs décisifs sont toujours des matchs particuliers, donc Rodez, Metz, ce sont des matchs sympas. Le match le plus difficile ? C’est Rodez, parce qu’on est tous seuls, parce qu’on a des soucis techniques en plus, on peut pas faire d’émission au début du match. Du coup, on se retrouve avec une heure de retard à combler seuls avec Roby où on a trouvé un peu le temps long. En plus de trouver les raisons pour lesquelles le match a été reporté d’une heure, assez irréelles, parce qu’on ne m’enlèvera pas de la tête que faire 250 kilomètres pour se mettre sur la gueule, quand on est supporters d’une même équipe, c’est un truc qui m’échappe totalement.

Avez-vous une anecdote sur l’un des matchs de l’ASSE cette saison ?

MD : L’anecdote que j’ai est assez récente, elle date du barrage retour. On discute tranquillement avec Flo Tardieu sur la reconnaissance pelouse deux heures avant le match. On discute un peu du match, de comment il se sent. Il me dit “Tu sais quoi ? Je sens qu’il va y avoir un carton rouge dès le début du match, que ça va tout changer et que ça va conditionner le match et que ça va être un truc de ouf”. Je lui dis “N’abuse pas non plus, carton rouge en début de match, c’est improbable”. Et qu’est-ce qu’il se passe ? (rires) Je ne sais plus combien de minutes de jeu, dès le début de match, 5 ou 6ème minute de jeu, carton rouge pour Diallo et c’est exactement ce qu’il a prédit. Évidemment, il pouvait en avoir aucune idée, il n’est pas impliqué sur la faute, mais c’est un truc de fou, il avait prédit ce qui allait se passer !

CG : Je n’ai pas d’anecdote particulière sur les matchs de Sainté cette saison. J’ai juste une anecdote un peu personnelle, c’est que depuis l’arrivée de Cardona, je galère de manière systématique entre Cardona et Cafaro, je ne sais pas pourquoi. Enfin si, je sais, c’est parce que les deux commencent par la même syllabe. J’ai passé 6 mois à hésiter systématiquement au moment où les deux avaient la balle pour être sûr de ne pas me tromper. Cela a été une galère systématique que j’ai fini par avoué à l’antenne en fin de saison, parce que je me rendais compte que, systématiquement, j’avais un temps d’arrêt. Comme le commentaire de foot, comme de tous les sports, l’une des qualités, c’est la fluidité, ça me rendait ouf de galérer comme ça.

Merci à Clément et à Margot pour leur sympathie et leur disponibilité !

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