Parti pour Chicago en janvier 2020, Robert Beric a quitté l’ASSE en grande partie à cause de Claude Puel. En effet, l’entraîneur stéphanois n’aimait pas son profil et n’a pas hésité à lui dire, chose qui a définitivement entériné son départ. Dans une interview accordée à France Football, l’attaquant slovène de 29 ans s’est longuement exprimé au sujet du coach actuel des Verts et a remis en cause sa légitimité à la tête du sportif du club.

Attristé par son départ

« J’ai été triste de quitter Saint-Étienne car ce n’est jamais facile de quitter un club dans lequel tu es resté quatre ans et demi où tu as encore des amis. Tout se passait bien à Sainté, j’avais signé une prolongation de 3 ans en février 2019. Puis nous avons eu des mauvais résultats et Ghislain Printant a malheureusement dû partir. Claude Puel est arrivé début octobre avec un tout autre projet, dont beaucoup de joueurs, dont moi, ne faisaient pas partie. »

Un profil qui ne lui plait pas

« Quand j’ai marqué le but victorieux lors du derby, j’ai pensé que ma saison était lancée. Mais les 4 ou 5 matches d’après, je ne joue plus. Je décide d’aller lui demander des explications, et il me répond qu’il n’aime pas le genre d’attaquant que je suis, et qu’il ne me voit pas dans son équipe. Il m’a dit qu’il voulait un attaquant rapide, qui puisse dribbler et faire je ne sais quoi de plus, et qu’il souhaitait construire l’avenir autour de Charles Abi. »

Un manque de respect

« Je lui ai répondu qu’il n’y avait aucune raison pour moi de rester, que je ne voulais pas m’assoir sur le banc pendant des mois avec un contrat jusqu’en 2022. J’ai pris ses mots comme un manque de respect. J’accepte le fait de ne pas faire partie des plans d’un entraîneur, c’est le football. Mais je n’ai pas aimé la manière… »

Aucun progrès selon Beric

« Il m’a dit qu’il voulait jouer le contre, avec une base de six ou sept joueurs défensifs, et des attaquants capables d’aller vite devant. Je ne suis pas ce genre de joueurs. La réalité, c’est que même avec des attaquants rapides, on avait beaucoup de mal à marquer dans ce schéma de jeu. Je lui en ai parlé, il m’a dit que ça allait arriver, que l’équipe était en progrès. Quels progrès ? Ils ont fini 17e et ils éprouvent encore des grosses difficultés à marquer cette saison. »

Romeyer déçu de le voir partir

« Puel a changé beaucoup de choses cette année et le club a recruté un nouvel attaquant au mercato d’hiver. J’espère qu’ils vont avoir de meilleurs résultats. Roland Romeyer n’était pas content de me voir partir. Je pense qu’il m’aime bien et je l’aime en retour, c’est un vrai passionné du club. Mais bon, les deux présidents ont donné tout le pouvoir à Claude Puel… Je suis surpris qu’il ait toujours autant de pouvoir à Saint-Étienne malgré les résultats ! »

Un entraîneur jamais menacé ?

« La position de Puel au sein du club a joué dans mon départ. J’ai eu l’impression qu’il resterait même si le club avait de mauvais résultats. Et c’est ce qui est arrivé. L’an dernier, il a de la chance que la saison s’arrête. Aujourd’hui il est dans la seconde partie du tableau et perd 5-0 dans le derby mais n’est même pas menacé. Ça me conforte dans l’idée qu’il restera au club jusqu’au terme de son contrat. »

Un coach sans émotion ?

« Je ne veux pas le juger à titre personnel car je ne l’ai côtoyé que quelques mois. Mais de ce que j’ai expérimenté à l’entraînement, Puel donnait l’impression d’être sans émotion. Il arrivait au début des séances comme un dictateur en nous disant de faire ci et cela, sans jamais sourire. C’est un fonctionnement très différent de celui que j’avais connu avec Ghislain, Jean-Louis Gasset ou avec n’importe quel entraîneur avant lui. Puel a l’air difficile à vivre. »