Analyse : Changement de cap pour Kilmer Sports ?

Erick
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credit photo AFP

Kilmer Sports s’avoue-t-il vaincu face au défi du maintien de l’ASSE en Ligue 1 ? C’est une question légitime quand nous voyons les prises de décision de nos dirigeant lors des dernières semaines. La nomination assumée d’un coach joueur mais ne connaissant pas encore le contexte français et de l’ASSE, ajoutée à des flottements autour de l’extra-sportif et notamment de l’ancienne direction toujours en poste, nous amènent à penser que Kilmer Sports veut faire passer la restructuration de l’ASSE avant son maintien en Ligue 1.

L’absence de communication des dirigeants nous laisse songeur. La rédaction du Talk a donc décidé de vous partager ses pistes de réflexion. Attention, l’ensemble des propos écrits dans cet article ne sont que le fruit d’une réflexion, d’une interprétation de notre rédaction. Il n’est pas question d’affirmer quoi que ce soit en ce qui concerne les conclusions tirées de cette réflexion.

Des difficultés sportives qui poussent à la réflexion ?

Si les dirigeants stéphanois pensaient (à juste titre) que « le maintien passera par une progression de l’équipe », il ne faut pas oublier que le maintien passe avant tout par des victoires. Or en ce moment, il n’y en a pas. Aujourd’hui même si Gazidis a affirmé plusieurs fois avoir de grandes ambitions sportives pour l’ASSE lors des saisons à venir, la situation est critique. Malgré une « urgence » reconnue par notre président lors d’une interview d’avant-match face à l’OM le 24 décembre dernier, le mercato d’hiver ne va pas dans ce sens.

L’ASSE n’a malheureusement pas le matériel pour imposer son style de jeu à ses adversaires. Pire encore, l’ASSE ne semble pas avoir le matériel pour maîtriser le style de jeu Horneland. Or si le club et son entraîneur insistent sur un plan de jeu qui ne fonctionne pas, cela peut être le signe que les résultats sportifs passent au second plan, du moins pour cette saison. Encore une fois, une vision long terme est privilégiée. Si les dirigeants nomment des gens à des postes clés, c’est pour les maintenir au poste qu’importe ce qui peut arriver lors des prochains mois.

Après un gros investissement cet été qui n’a pas eu le rendement escompté, les dirigeants ont dû y réfléchir à deux fois avant d’investir à nouveau cet hiver. Une gestion risquée du mercato a empêché le club de se renforcer réellement sur des postes clés. Pour ne prendre aucun risque financier, la direction stéphanoise préfère attendre la fin de saison pour lancer l’étape 2 du projet.

En effet, même si le club a beaucoup dépensé pour se donner les moyens cet été de se maintenir, cela n’a pas forcément été fait de la manière la plus optimale. Les dirigeants, qui s’en sont sûrement rendus compte temporisent donc car une nouvelle salve d’argent dépensée serait catastrophique en cas de descente. Si le club tombe quand même en Ligue 2 à la fin de la saison, le trou financier serait énorme et la valeur des joueurs au club chuterait. Le mercato d’hiver au déroulement si particulier est un très gros indice de cette prise de risque.

Quelle conséquence pour la fin de saison ?

D’autres concurrents, comme le Havre AC, en proie à de grosses difficultés financières, ont pourtant réussi à se renforcer à moindres coûts. Alors où se trouve le hic ? Il n’y en a pas. Les dirigeants ont sans doute estimé qu’avec la faiblesse de nos deux poursuivants et le possible essoufflement de certaines écuries de Ligue 1, il y a un trou de souris dans lequel peut s’engouffrer l’ASSE pour obtenir son maintien.

Quant à l’aspect progression de l’effectif, une question se pose, quelle est la marge de progression des joueurs stéphanois aujourd’hui ? Si l’ASSE possède quelques joueurs à fort potentiel (Mouton, Stassin, Bouchouari…), leur progression individuelle n’est-elle pas conditionnée à une progression collective ? Là où les dirigeants et Horneland sont dans le vrai, c’est concernant la progression des joueurs. Le style Horneland d’avoir une bonne possession de balle et de toucher énormément le ballon donnera de l’expérience aux joueurs avec ballon. Tous les schémas de jeu demandent aux joueurs intelligence de jeu et exigence technique, ce qui ne fera que leur donner de l’expérience dans ces domaines. Mais c’est une stratégie qui portera ses fruits à long-terme, quand l’effectif sera bâti autour des ambitions sportives d’Eirik Horneland, ce n’est pas pour cette saison donc.

Quel est le cap à bord du navire Kilmer ?

Même le chemin pour y arriver a changé, le cap a toujours été le même : le maintien en Ligue 1, mais pas à n’importe quel prix. Et surtout : jamais de choix pour un apport à court-terme. KSV n’a pas choisi la voie de la facilité. Aucun choix fort n’a été fait à court-terme. L’argent n’a jamais été mis sur ces profils, ni en salaire, ni en indemnité de transferts. Non pas par manque d’opportunité, mais par choix. D’ailleurs, nous pouvons même nous demander si les « cadres » recrutés par notre direction sportive ont surtout été des recrues « politiques » faites pour calmer les ardeurs d’Olivier Dall’Oglio qui était en désaccord avec la stratégie sportive. Ce sont des joueurs avec des contrats très courts, qui n’ont quasiment rien coûté et n’ont jamais vraiment apporté de plus-value sportive.

Aujourd’hui les clubs de football sont gérés comme des entreprises. C’est actuellement le cas avec l’AS Saint-Etienne. Le cap est sans doute fixé sur un projet de plusieurs années. Rien de ce qui pourra arriver cette saison ne changera le projet des dirigeants : donner une identité sportive à l’ASSE et une indépendance financière d’ici un futur proche. Cela peut passer par une descente qui entraînera à nouveau de gros changements. Mais ce sera également le cas si l’équipe se maintient. La priorité sera au changement plus qu’au maintien.

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