Le spectre de la relégation est de plus en plus épais, il a pris forme, il a grandi, il s’est insidieusement immiscé dans nos têtes et dans nos cœurs dénués de raison.
Mais voilà, on nous promettait qu’il y avait toujours pire sauf que, le week-end dernier, le pire s’est avéré meilleur que nous. C’est vrai que le Havre et Montpellier ont des bonnes têtes de relégués, mais le fait est que nous aussi.
Et puisque mourir peut attendre, on se dit depuis des semaines que le mois au cœur duquel nous sommes sera décisif.
À la moitié de celui-ci, les Verts ont pris un pauvre point contre Angers. On avait le droit d’en espérer autant face à Nice pourtant plus fort, l’illusion aura duré 45 minutes.
Personne ne tape sur Horneland, car le pauvre vieux n’a pas un joueur de foot sous la main (pas plus qu’ODO soit dit en passant), et qu’il a (ou du moins qu’il aurait) une « philosophie de jeu ».
Super ! On pourra se l’accrocher en guirlande, la philosophie de jeu, si les verts venaient à descendre. J’entends (et j’y adhère) l’idée soyeuse à l’esprit qu’on a plus de chance de gagner en jouant bien, mais cet idéal est un luxe réservé aux équipes qui comptent en leur sein au moins 60 % de joueurs de football.
Des joueurs de ballon, avec un bagage technique et le cerveau connecté qui va avec. Saint-Etienne n’en dispose pas, c’est donc d’autres leviers que celui du beau jeu qu’il faudra activer d’ici au fatidique mois de mai.
L’ASSE n’est pas morte, mais l’idée des deux confrontations à venir ne me laisse qu’un vilain doute : celui que l’on va mourir un autre jour.
Le monde ne suffit pas à compenser les lacunes d’une défense de ligue 2 (pour le meilleur d’entre eux) que Bernauer devait rasséréner et dont les entrées me filent pour le moment du vague à l’âme.
J’irai au Havre dimanche rien que pour leurs yeux, probablement à Lens et à Reims, convaincu que ma présence pourrait faire une différence à l’image de l’admirable dévotion du chaudron encore et toujours.
Il faudra en Normandie vivre ou laisser mourir un club et une institution que l’arrivée de Kilmer devait permettre de redorer.
Au lieu de cela, la déception est à la hauteur des espoirs créés. Ce club est un trésor et puisque les diamants sont éternels, alors mon amour et ma fascination le seront aussi.
Mais voilà la faiblesse du niveau affiché ne me laisse pas entrevoir l’agent qui s’octroiera le permis de tuer, celui de porter l’équipe, de serrer les rangs et d’extraire l’ASSE de sa condition actuelle de relégable.
Le suspense est haletant, mais tout cinéphile que je suis, j’aurai préféré un scénario mou et sans passion.
Dangereusement vôtre,
Timothée Maymon










