Valentin Eysseric – L’espoir niçois pose ses valises à L’Étrat

Paradoxal. Comment définir autrement le prêt avec option d’achat du milieu de terrain Valentin Eysseric, acté ce mardi entre l’ASSE et l’OGC Nice ? Après des débuts flamboyants avec Monaco en Ligue 2 et une première partie de saison réussie chez les aiglons, le natif d’Aix a peu à peu perdu son football. Certains donnent pour explication un traumatisme lié au terrible tacle qu’il a commis sur Jérémy Clément et qui a blessé ce dernier pour 6 mois en mars 2013. Mais pas que. Portrait.

Valentin Eysseric, l'air rêveur (DR)

Valentin Eysseric, l’air rêveur (DR)

UN ENFANT DE LA FRENCH RIVIERA

À 23 ans, c’est peu dire qu’Eysseric a tout connu sur le bord de la Méditerranée. Formé à l’AS Monaco, l’ex international espoir fait parler tout son talent en équipes de jeunes, notamment lors de la saison 2010-2011, où il marque 7 buts avec la réserve et gagne la Coupe Gambardella. Dès la saison suivante, il intègre l’équipe première où Marco Simone lui fait confiance malgré sa jeunesse, en inscrivant seize fois son nom sur la feuille de match (treize titularisations). Malgré qu’un seul but, mais quatre passes décisives, son profil de vrai meneur de jeu, son volume de jeu conséquent pour son âge et surtout sa technique soyeuse parlent pour lui. Il a les capacités pour s’imposer dans l’élite française. L’arrivée sur le banc monégasque de Claudio Ranieri l’exercice suivant entraina son prêt à Nice en fin de mercato. Pas dépaysé, il vient pour concurrencer Camel Meriem à l’organisation de l’attaque nicoise. Puel lui fait rapidement confiance, Valentin la lui rend bien. Auteur de nombreux gestes de classe et de quelques buts impressionnant, il finit par convaincre le Gym de lever l’option d’achat d’1,5 millions d’euros dès le mois de janvier. Son talent et son implication ne sont pas remis en question. Jusqu’au fatidique 2 mars 2013.

UNE CARRIÈRE AU RALENTI

On joue la 24ème minute de jeu de la 27ème journée de Ligue 1 quand Valentin Eysseric tacle maladroitement et violement Jérémy Clément. Bilan, une double fracture ouverte tibia-péroné pour le stéphanois, des images insoutenables et un carton rouge pour le niçois. Ce mauvais geste va lui coûter 11 matchs de suspension, la durée approximative d’indisponibilité de sa « victime ». Valentin est très touché par cet événement. Il reconnaît publiquement ses tords et décide de ne pas faire appel de la sanction, fort logiquement. Mais depuis ce jour-là, beaucoup moins de coup d’éclats, beaucoup moins de folie dans le jeu du numéro 13 niçois. Il est hésitant au moment d’aller au contact et cela se fait ressentir. Cependant, Puel lui accorde une confiance infaillible. 23 fois titulaire lors de la saison 2013-2014, qui plus est à son poste de prédilection, meneur de jeu, il ne flambe pas (3 buts et une passe décisive). Discret, emprunté, le public niçois reste indulgent avec celui qu’il considère comme un diamant à polir, qui demande donc de la patience. Le club obtient un petit maintien et attend plus de sa pépite. La saison dernière, pour tenter de le relancer, Puel le fait jouer un peu partout sur le rectangle vert. Milieu gauche, milieu droit, attaquant et même milieu défensif, il traine son spleen au fur et à mesure que la saison se déroule. De plus, une hygiène de vie déplorable et un appétit pour la malbouffe viennent entacher son image de jeune espoir en difficulté. Mais comme nous le confie Alex De Castro, journaliste sportif suivant notamment l’actualité de l’OGC Nice, « Valentin a une mauvaise hygiène de vie depuis quelques temps, mais ça reste un gamin avec une bonne mentalité. Il ne renvoie pas l’image d’un jeune footballeur arrogant, bien au contraire. Il est comme un enfant que l’on aimerait couver et qui mérite de l’aide ». Claude Puel l’a bien compris, et continu de l’aligner malgré des performances plus que moyenne. Jusqu’à un événement qui interpelle. Lors de l’intersaison dernière, Hatem Ben Arfa est en passe de signer à Nice. Coïncidence ou non, Valentin Eysseric réussi quelques bons matchs, contre Bordeaux et l’OM, entre autres. Quand HBA ne signe finalement pas chez les Aiglons, il retombe dans ses travers. À regarder sa jeune carrière de plus près, à chaque fois qu’il est dans une sorte de confort, sans réel concurrence, il est médiocre. Dès qu’on le remet en question et qu’on lui oppose un joueur au même caractéristique (Meriem, Ben Arfa), il montre son vrai talent. Il finit la saison avec des statistiques encore un peu terne, malgré une propension à faire la dernière passe toujours présente : un but et quatre passes décisives en 36 matchs (dont 24 en tant que titulaire). Cet été, les dirigeants niçois et l’entourage du joueur pensent qu’une expérience loin du sud ne pourrait que lui être profitable, d’autant plus dans un club jouant probablement l’Europa League. Ce sera donc direction l’ASSE.

GALTIER PAS FAN DES NUMÉROS 10

Après Bahebeck, Maupay et Pajot, c’est encore un ancien espoir français qui arrive au Chaudron. Cependant, pour bien exploiter son potentiel, il semble évident que seul le poste de meneur de jeu paraît être une solution. D’après Alex De Castro, « il est trop lent pour jouer ailier, pas assez endurant et besogneux pour être récupérateur. C’est un pur numéro 10 ». Son arrivée ne vient donc pas combler le départ de Mollo. Dans quel dispositif cher à Christophe Galtier va-t-il s’intégrer ? Dans le 4-3-3, aucun poste pour lui. Dans le 3-4-3 (ou 5-4-1), toujours pas de place pour son profil. À l’image de Corgnet, Esseyric risque de payer le fait que Galtier n’aime pas utiliser les faux lents, meneurs de jeu. Pas assez discipliné, parfois absent, il estime que ce type de joueur fait jouer l’équipe à 10 en phase de récupération. Mais alors pourquoi sa venue ? Le coach stéphanois aurait-il une idée en tête ? Car avec la multitude de profils différents dans le secteur offensif dont il dispose désormais, il peut imaginer d’autres schémas. La saison passée, le nombre d’ailiers purs et le faible niveau de Corgnet lors de ses entrées en jeu a limité cette créativité tactique. Pour Valentin Eysseric, le passé a prouvé que c’est quand il est dans le dur qu’il s’en sort le mieux. Maintenant, c’est à lui de prouver quotidiennement à l’entrainement qu’il mérite une organisation faite pour qu’il exprime son grand talent, entrevu sous les couleurs niçoises et monégasques.

5 Responses

  1. KARA OK 42 dit :

    un bon p’tit gas

  2. noumbéfeufeu dit :

    Super commentaire, bravo , un régal

  3. poesie dit :

    et c’est ric qui arrive

  4. footpassion dit :

    UN JOUEUR CONFIRM2 QUI VA FAIRE ENORMEMENT DE BIEN DANS L4ENTRE JEU? ET DONNER ENFIN DE BONS BALLONS INTELIGENTS ET PRECIS POUR ALIMENTER NOLAN

  5. cosmos dit :

    on se pose bien trop de questions, heureusement galette pas autant, et pourqu’oi ne pas ecouter ce qu’il dit quand il aprle de saisir des opoortunité libres: simplement il ferat avec ce quil a , les atouts de chacuns feront une compo, qui desormais n’est jamais la meme d’une saison a lautre, c’est le foot qui est comme ça aujourd’hui.

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