Une défense inquiétante

Longtemps le point fort de l’ASSE avec son axe Loic Perrin-Bayal Sall, la défense stéphanoise s’est qualitativement renforcée depuis janvier dernier avec les arrivées conjointes de Neven Subotic et Mathieu Debuchy. Le mercato estival a vu arriver Timothée Kolodziejczak. Logiquement, la défense devrait être un point fort de Saint-Etienne. Sauf que…

Une défense de vieux ?

27, 29, 33, 33 et 27. Le prochain tirage du Loto ? Non, l’âge des défenseurs titulaires à l’ASSE : respectivement Kolo, Subotic, Perrin, Debuchy et Silva. La moyenne d’âge de la défense stéphanoise monte donc à 29.8 ans. A titre de comparaison, même Montpellier avec le le dinosaure Hilton (41 ans !) est en dessous avec 29 ans. Le PSG, la meilleure défense du championnat, monte à 26 ans. Son dauphin, le LOSC, atteint lui aussi à peine la barre des 26 ans de moyenne d’âge, un chiffre rehaussé par la présence de José Fonte (34 ans). La troisième meilleure défense de Ligue 1, le Stade de Reims, n’arrive pas aussi aux 26 ans de moyenne d’âge. Bordeaux, actuellement 5e meilleure défense de France, ne voit que Igor Lewczuk dépasser les 30 ans et connait une vague de jeunisme assez impressionnante (19 ans pour Koundé, 25 ans pour Sabaly, 26 ans pour Poundjé, 22 ans pour Sergi Palencia, etc).

Le problème ne se pose pas tant dans l’axe, où chaque équipe de Ligue 1 arrive à avoir un joueur en fin de carrière ou en tout cas très expérimenté qui fait office de pilier (Thiago Silva, Hilton, José Fonte, Marcelo, etc) : mais, justement, à Saint-Etienne, les deux centraux sont dans cette catégorie-là ! Neven Subotic n’a jamais été un défenseur rapide et il est régulièrement mis à mal par un appel même évident si l’attaquant qui l’exécute possède une pointe de vitesse intéressante. Loic Perrin est lui aussi fortement en difficulté depuis quelques mois maintenant, ses problèmes ne débutant pas lors de cette saison mais remontant déjà à l’année dernière.

 

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Loic Perrin et Neven Subotic face à Nabil Fékir lors du derby OL-ASSE (2017-2018).

Un manque de sérénité et de garantie

Ainsi, c’est un constat irréfutable : la charnière centrale stéphanoise ne permet pas à l’équipe d’évoluer avec la sérénité qu’une équipe prétendante à l’Europe devrait avoir. Sur le moindre ballon en profondeur, chaque supporteur a des sueurs dans le dos à voir Neven Subotic essayer laborieusement de conserver son avance sur un attaquant pourtant parti avec 3 mètres de retard. De plus, alors que Loic Perrin multiplie les bourdes, relances hasardeuses dans les pieds adverses, glissades ou pertes de balles (sa montée face à 4 Lillois sans personne en couverture lors du match face au LOSC étant un modèle du genre à ne pas montrer dans les centres de formation), l’équipe s’attend à chaque moment à encaisser un but ou tout du moins subir une action dangereuse sur une faillite individuelle d’un de ses défenseurs.

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Face au LOSC, Loic Perrin n’a pas été en réussite, notamment en initiant l’action du 3e but lillois (2018-2019).

Avec 12 buts encaissés en 9 matchs, et seulement 3 clean sheet (contre Montpellier, 8e attaque, Amiens, 10e attaque et Monaco, 15e attaque), les statistiques ne sont évidemment pas bonnes. Alors, oui, Saint-Etienne est la 6e défense de France (mais à égalité avec 3 autres clubs : Toulouse, Angers et … l’OL, aussi sujet aux mêmes maux), mais l’équipe a encaissé 7 buts lorsqu’elle a été confrontée à la 1ère et 3e meilleure attaque de France. Pas franchement rassurant pour la suite du championnat, si chaque match face à une équipe douée offensivement se termine par un festival d’occasions et de buts concédés. De plus, ses statistiques sont à mettre en perspective avec la présence de Stéphane Ruffier dans les buts, rempart parfois invraisemblable et miraculeux face aux attaquants adverses (pensons notamment au match face à Monaco où Falcao vendange largement et où Ruffier sauve plusieurs balles de buts). Ainsi, quel serait le nombre de buts encaissés par cette défense si dans les cages ne se trouvait pas un Stéphane Ruffier en grande forme mais un gardien médiocre ? Nul doute que la faiblesse de la défense stéphanoise serait alors exposée en plein jour.

Le fil rouge : la ridicule profondeur de banc

Comptons les défensifs sur lesquels Gasset compte réellement : Gabriel Silva, Kolo, Subotic, Perrin, Debuchy et Saliba. Cheick M’Bengue finira bien malgré lui au rang de symbole du recrutement raté de l’ASSE. Pierre-Yves Polomat risque bien de continuer sa carrière dans les abysses du football tant sa carrière a du plomb dans l’aile. Enfin, Mickael Panos n’a pour l’instant pas le niveau de la Ligue 1 : ce n’est pas un hasard si l’entraineur stéphanois préfère un Silva sur son mauvais pied sur un poste qu’il découvre à un Panos sur son bon pied à un poste dont il est un spécialiste. La titularisation de William Saliba à ce poste de latéral droit face à Toulouse est un nouveau désaveu pour Panos, qui voit ainsi un jeune défenseur central de 17 ans passer devant lui dans la hiérarchie, ce qui le relègue à une peu reluisante 4e place (Debuchy, Silva, Saliba étant devant lui, voire même peut être Kolo).

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Mickael Panos est rentré en jeu face à l’AS Monaco. Toutefois, cela devrait être l’une de ses seules apparitions avec le groupe pro. (2018-2019).

Avec 6 joueurs, dont un Mathieu Debuchy dont la saison n’a pas encore vraiment commencé, pour 4 postes, nul besoin d’être prophète pour savoir qu’à certains moments de la saison, la composition de la ligne défensive risque d’être bien compliquée pour Gasset. Celui-ci a déjà été confronté à ce problème avec la blessure de Debuchy. De plus, si la polyvalence de Silva, Kolo et Saliba, capables d’évoluer avec plus ou moins de réussite à deux postes, est un avantage sérieux, cela peut aussi se retourner contre l’ASSE en cas de coup du sort : si Silva et Kolo sont indisponibles (blessure, suspension, forme physique, etc), l’ASSE perd tout à coup 2 latéraux gauche, 1 latéral droit et 1 défenseur central !

L’apport offensif des ailiers

Lors de la notation des joueurs face à Lille, nous écrivions : « Offensivement timide » pour Timothée Kolodziejczak et « n’aura quasiment jamais joué vers l’avant » pour Saliba. Si, défensivement, les latéraux arrivent à faire le travail, leur apport offensif reste insuffisant. Pour l’instant, Kolo compte une passe décisive (contre Guingamp, pour Diony), tout comme Debuchy (pour Gueye contre Strasbourg) et Silva (1 passe pour Diony contre Toulouse, plus ou moins volontaire d’ailleurs). La stat est avantageuse mais traduit mal un manque de percussion offensive : Debuchy, lors de ses rares matchs, s’est montré beaucoup moins entreprenant offensivement. Gabriel Silva, souvent contraint de jouer à droite, n’a pas la même assurance et ne propose pas autant ses services lorsqu’il n’évolue pas à gauche. William Saliba semble posséder des qualités offensives et techniques intéressante mais elles ne sont pas encore exploitées.

Quelles solutions ?

Si Gasset souhaite toujours évoluer avec une défense à 4, il parait inévitable de sortir Loic Perrin. Le manque de vitesse de Neven Subotic peut être compensé par la rapidité d’un Gabriel Silva en position de latéral ou de Kolo/Saliba en centraux. Toutefois, les erreurs imprévisibles de Perrin risquent de se payer cash dans le futur. Une défense Silva – Kolo- Subotic – Debuchy garantirait de meilleurs résultats offensivement comme défensivement. Il serait aussi possible d’aligner Silva – Koloo – Subotic – Saliba pour faire souffler l’ancien Lillois. Une autre solution serait de repenser toute l’architecture de l’équipe, pourquoi pas en imitant les compositions de Marcelo Bielsa. En installant une défense à 3 centraux et 2 latéraux hauts, Gasset protègerait bien son axe des incursions adverses, alignerait Saliba pour bénéficier de sa vélocité et s’appuierait sur les latéraux pour créer le surnombre et les décalages offensivement.

1 Response

  1. Anonyme dit :

    Dans tout ce merdier. On voit bien que mes présidents ne feront plus d’effort pour recruter d’autres joueurs. Nous resterons une équipe très moyenne sans ambition. Bordeaux est racheté nous on fait credit. Vendez et partez messieurs.

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