Portrait : Salibur, le chaînon manquant

« Ce sont les deux joueurs les plus doués qu’on ait jamais eus ». Ces mots sont ceux de Jean-Michel Vandamme, formateur au LOSC. De qui parlait-il ? Du prodige Eden Hazard… et de Yannis Salibur, le joueur prêté à l’ASSE par le club breton de l’En Avant Guingamp. Considéré comme un grand espoir du foot français, Salibur n’a pas eu la trajectoire de son compatriote de formation. Valeur sûre de notre Ligue 1, approché par de nombreux clubs lors des dernières saisons, c’est finalement l’AS Saint-Etienne qu’il rejoint en prêt payant cette saison.

Les années de formation

Salibur découvre le foot, comme de nombreux jeunes, en bas de son immeuble. Issu de Pierrefitte-sur-Seine, dans le fantastique bassin footballistique qu’est l’Ile-de-France, Salibur prend sa licence au Red Star. Il évolue les week-end avec son club en U14 Fédéraux, tandis que durant la semaine, il s’entraine à Clairefontaine. Pendant 2 ans, il reste au Red Star et à Clairefontaine, avant de rejoindre définitivement l’Institut national du Football en 2006/2007 et de s’engager à Lille la saison suivante. Formé au LOSC, en compagnie d’Eden Hazard, Yannis Salibur est un pilier des Equipes de France jeune. Sélectionné à 11 reprises avec les U17, il parvient, aux côtés d’Alexandre Lacazette, Yannis Taffer, Clément Grenier ou encore Timothée Kolodziejczak, à atteindre la finale du Championnat d’Europe U17. Il marque son premier but avec l’Equipe de France U19 avec laquelle il dispute 6 matchs.

Après avoir signé pro en 2008, à seulement 17 ans, Yannis Salibur quitte le LOSC en tant que joueur libre après 2 petits matchs disputés en 3 ans. Il s’entraine avec le groupe pro de Rudy Garcia la semaine mais n’évolue qu’en réserve, une situation qui finit par le lasser. C’est une déception pour le jeune joueur, dont le talent crève l’écran en CFA, mais qui se voit refuser les portes du groupe pro. Il rejoint alors Boulogne-sur-Mer où il signe un contrat de 18 mois.

La L2, du temps de jeu

A Boulogne, Yannis Salibur découvre le haut niveau. A l’entrainement, encore une fois, il impressionne ses coéquipiers et le staff. Maxime Colin, qui évolue alors à Boulogne, raconte : « Je me rappelle son premier entraînement avec nous, il fait tomber une autre défenseur central en le dribblant, puis marque le but derrière. On s’est tous regardé et dit qu’on avait fait une sacrée recrue.« 

Arrivé en cours de saison, il dispute 9 matchs. Il dispute 27 matchs lors de sa première saison complète et inscrit 2 buts, avant de filer du côté de Clermont suite à la relégation de son club en National. Un contrat de 3 ans l’attend en Auvergne. Il bat rapidement son record de but sur une saison en inscrivant 3 buts en 27 rencontres disputées. Il attire l’oeil de certaines formations étrangères comme le Torino ou des clubs portugais, mais il reste en Ligue 2. Un choix judicieux puisque pour sa 3e saison en Ligue 2, il s’impose comme un maillon fort : avec 7 buts en 33 rencontres, il est logiquement nommé dans l’équipe-type de la saison. Vidémont, qui le cotoie alors à Clermont, confirme : « La première saison, il était juste un jeune avec du talent. Sur la deuxième, il est très performant, c’est le meilleur de l’équipe, le leader offensif. Il passe de jeune joueur à cadre. »

Il reçoit alors des offres, notamment du Standard de Liège, mais préfère rester en France. Trop irrégulier pour séduire les clubs de Ligue 1, il choisit de rester à Clermont, alors que Corinne Diacre vient d’être nommée à la tête de l’équipe pro. Les relations se tendent clairement à Clermont : pour Vidémont, « Tout ce que je peux dire c’est que ça ne passait pas entre les deux (Salibur et Diacre). On n’était pas fait pour jouer avec cette coach, donc c’était mieux pour nous de partir« . Il quitte Clermont gratuitement en décembre 2014, et découvre alors la Ligue 1 avec l’En Avant Guingamp.

La confirmation en Ligue 1

Naturellement doué mais hors de forme suite à sa première partie de saison compliquée à Clermont, Salibur doit se remettre au travail. Gourvennec le titularise dès la reprise de la Ligue 1. Il joue alors 8 matchs dans cette fin de saison. En 2015, il s’impose définitivement : avec 30 matchs disputés en Ligue 1, il compte 8 buts (dont 5 en Ligue 1) et 6 passes décisives. A Guingamp, Salibur fait partie d’un secteur offensif qui brille avec Jimmy Briand et Marcus Coco.

Salibur, le talent à l’état pur

Reste une énigme : comment, celui qui était considéré comme un véritable surdoué du foot, a-t-il fait pour avoir une carrière si modeste ? Tous les témoignages se recoupent : dans son enfance, Yannis Salibur était un véritable crack. Petite compilation :

  • « Au départ, le club n’avait pas forcément conscience de son potentiel, mais cela m’a paru une évidence un jour où je l’observais jongler, seul dans son coin. Il avait clairement une technique peu commune. », Cédric Malhomme, son coach en U15 Nationaux au Red Star.

 

  • « J’ai entendu mes défenseurs me dire qu’il était intenable et épuisant, ce mec. C’est un phénomène. » : Mustapha Ait Bouhou, après l’avoir affronté en U16 en 2007-2008.

 

  • « Il m’a impressionné tant par sa technique que par son physique ! Il était largement au-dessus de tout le monde et c’était vraiment surprenant, surtout à cet âge de voir un joueur aussi talentueux », David Alcibiade, coéquipier à Clairefontaine.

 

  • « On le connaît de nom, comme étant un phénomène de la trempe d’Eden Hazard », Hugo Vidémont, qui le cotoie lors de son arrivée à Clermont.

 

  • « À l’entraînement, il faisait des choses exceptionnelles. Il a une capacité de changement d’appuis peu commune, il pouvait éliminer deux-trois joueurs dans la même action.  », Régis Brouard, son coach à Clermont.

 

Alors, pourquoi ce talent n’est-il pas allé encore plus haut ? La réponse vient aussi de David Alcibiade, qui indique : « Yannis avait juste un tel talent et une longueur d’avance sur les autres que le travail n’était pas forcément son fort« . Le problème ne vient donc pas du talent, mais du comportement du joueur : très facile en équipe de jeunes, Yannis Salibur a du mal à se mettre au travail dans un premier temps, et manque d’envie, comme le souligne Brouard : « on sent qu’on a un joueur hors norme, qu’il peut créer plein de différences, mais le joueur n’exploite pas toutes ses qualités. Quand il aura compris que le foot est un métier, il pourra aller très très haut ». Le joueur reconnait lui -même ses fautes, comme en témoigne cette interview pour So Foot, où il déclare : « J’étais très bien parti à Lille  et puis je me suis peut-être un peu endormi. Il m’a fallu du temps pour comprendre que le travail ne payait pas au bout de quelques mois, mais sur plusieurs années« .

Salibur, le travail

Arrivé à Guingamp, Salibur saisit enfin sa chance et se lance corps et âme dans son métier. Déjà habitué à travailler les coups francs à la fin des entrainements pour se perfectionner, Salibur redouble d’efforts. Plus mâture, le joueur est devenu un acharné de travail, comme le confie son frère Christophe : «  Désormais quand je l’appelle, il est toujours à l’entraînement ou en train de travailler, il est plus rigoureux ».

Discret, mais aussi un peu rebelle dans sa jeunesse (« Plus jeune, j’avais un problème avec ça [l’autorité, ndlr] , donc ça a été un peu plus compliqué que pour les autres »), Salibur a fait grincer des dents du côté guingampais, notamment après son vrai-faux départ pour Hull City dans le dernier mercato hivernal, où son transfert n’a pas été homologué à cause d’un retard dans la transmission des documents… Certains au club lui reprochent alors son manque d’investissement.

Salibur à l’ASSE, une longue histoire

Les dents de Roland Romeyer ont aussi grincé après son arrivée manquée à l’ASSE. Le joueur rejette la faute sur le club à l’époque, expliquant que Saint-Etienne ne le contacte que le 31 aout à 11h… mais Romeyer ne l’entend pas de cette affaire, et peste dans Le Progrès : « Je ne comprends pas, on lui donnait beaucoup plus que ce qu’il a à Guingamp. Il ne faut pas le regretter vu son comportement« .

Aujourd’hui, le discours est beaucoup plus serein, Frédéric Paquet affirmant tout simplement que « Yannis Salibur a le profil parfait »  après son arrivée dans le Forez.

Préférant jouer sur le côté droit ou comme numéro 10, Salibur est assurément le profil qui manquait à l’ASSE : un ailier explosif capable de semer le désordre dans les défenses adverses. Confessant avoir pour idoles Ronaldinho, Robinho et El Fenomeno, Salibur aura à charge de distiller des passes décisives et de se montrer décisif pour enfin franchir le palier qui lui permettra d’être recruté dans un club jouant une Coupe d’Europe…

11 Responses

  1. GERARD ARIAS dit :

    encore un joueur qui n’apportera rien; l’ASSE terminera dans le ventre mou du championnat de France, GASSET partira et un nouveau cycle de merde débutera, hélas…………………………..

  2. david dit :

    pourtufoi

  3. bouzenana elbanana dit :

    gros pourquoi mes commentaire ne passepas

  4. zboub dit :

    ,,,,,,,,,,!!!!!!bopdel

  5. david dit :

    cabela il en fait trop avec ses grigri il faut lâcher le ballon un peut est lever la tête pour distiller le ballon a ses attaquants ou alors gasset le mais sur banc comme remplaçant il fallait pas l acheter s il continue comme ça en ira pas loin herbin a raison il garde trop la babal

  6. Araez Jean-Marie dit :

    Il ne faut pas tout attendre de Salibur, pour marquer des buts, il faut jouer sans Diony, soit avec Beric en position d’avant centre, soit avec un autre système de jeu. Diony, il faut l’écarter de l’équipe

  7. Steph dit :

    Ok ça se voit tout de suite qu’il est doué mais faudrait organiser ça entre CABELLA KAZRY et SALIBUR cela fait bcp trop de meneurs Non?

  8. Anonyme dit :

    Ok ça se voit tout de suite qu’il est doué mais faudrait organiser ça entre CABELLA KAZRY et SALIBUR cela fait bcp trop de meneurs Non?

  9. avaro dit :

    il est nul , il n apportera rien à l équipe.

  10. avaro dit :

    je suis déçu par son recrutement, j aurai préféré de très loin n jé qui à mon avis a beaucoup plus de talent, salibur comme monnet paquet n apporte rien à l équipe.

  11. Serge dit :

    Les 15 jours de trêve vont lui permettre de travailler et peaufiner ses automatismes avec ses coéquipiers , ça ne peut que lui être bénéfique

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