crédit photo : asse.fr

Présent à l’ASSE depuis maintenant un an, Claude Puel a eu le temps de découvrir le club et de commencer à mettre en place un tout nouveau projet. Dans une très bonne interview livrée au quotidien L’Équipe, l’entraîneur et manager général des Verts fait un gros point sur ce projet et n’hésite pas à jouer cartes sur table.

Revitaliser un potentiel extraordinaire

« Contrairement à ce que l’on croit parfois, je ne cherche pas à mettre le club dans la difficulté pour le remonter. Pas du tout. C’est plus un gros, un sacré défi. J’aime bien ces trucs de dingue qui consistent à partir de rien, car il n’y a pas de moyens, et d’arriver à mener une politique vertueuse, alors que tout le monde est circonspect. Je ne vais pas au plus offrant. Je ne suis pas non plus venu à Saint-Étienne pour obtenir des résultats à court terme, mais avec l’envie de revitaliser son potentiel extraordinaire. C’est toujours difficile car cela se fait dans l’incompréhension. Les gens veulent des résultats. Le reste est abstrait.« 

Des endettements importants

« Avec ma fonction élargie, j’ai eu connaissance de la situation économique. Le club allait dans le mur, il s’était beaucoup endetté pour suivre un schéma qui avait vécu. Les présidents ont été très ambitieux auparavant pour suivre une politique qui a occasionné un fort déséquilibre économique. Même pour eux, il était évident que ce n’était plus possible. Donc, on serre tout, on essaie de réduire la masse salariale au maximum, on cible des profils à fort potentiel et on essaie de les développer. En deux mercatos, on a dépensé 400 000€. Quand tu changes de cycle, tu ne fais pas que des heureux dans un groupe. Ce n’est agréable pour personne. On est humains.« 

Un projet qui demande du temps

« On est dans un processus de reconstruction. Saint-Étienne doit jouer des places importantes. On est tous d’accord. Mais on doit d’abord remettre l’ASSE à flot économiquement, asseoir une politique sportive, puis remonter dans la hiérarchie, en sachant que d’autres clubs ont des moyens qui donnent le tournis. Jouons cartes sur table : il nous faut deux ou trois ans pour solder l’ancien projet, installer le nouveau et décoller vraiment. Dix-neuf joueurs sont partis cet été. Le fait qu’on n’ait rien pu faire lors du mercato hivernal nous a fortement alertés : nos joueurs n’intéressaient pas d’autres clubs. Cela impacte notre politique admise par tous aujourd’hui, les finances, les possibilités du groupe et le recrutement. C’est un tout.« 

Un bien meilleur niveau depuis la reprise

« On a treize sélectionnés et pleins d’autres dans des pré-listes. C’est significatif. On est dans la continuité des entraînements. Le niveau de l’équipe s’est élevé depuis la reprise, suffisamment pour réussir dans les deux ans, sans problème. Si ce groupe est protégé. Il y a beaucoup de respect et d’amitié entre les joueurs. En attendant, il faut les accompagner, garder le cap en toutes situations sur le chemin que l’on s’est tracé, et rester concentrés sur ce que l’on peut faire tous ensemble pour le bien du club.« 

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