Interview : Jérôme de Bontin fait son auto-portrait

Nos confrères de Planete-ASM, un site d’actualité et d’information consacré à l’AS Monaco, nous ont permis de diffuser cette interview de Jérôme de Bontin réalisée par leurs soins en décembre 2015. Cette interview n’a jamais été rendue publique jusqu’à présent. Nous remercions donc vivement Planete-ASM et ses membres pour leur disponibilité, leur partage, et tout particulièrement Rémi qui a réalisé et nous a confié cette interview. Nous la livrons ici telle quelle.

Préambule : Avant de nous faire profiter de son interview, Rémi nous a donné quelques compléments d’informations sur la carrière de l’ancien président de l’AS Monaco. « A l’époque (en 2015, ndlr), de Bontin m’a confié être toujours être impliqué dans le football. Il était chairman de Rush Soccer, la plus grande académie du monde pour les jeunes joueurs de football, comprenant 34 000 joueurs et présente sur les 5 continents. En parallèle, JDB continuait à œuvrer dans l’ombre pour accompagner des investisseurs américains souhaitant investir dans le football européen. »

Son parcours dans le monde du football

« Déjà, j’ai toujours adoré jouer au football et je continue, tous les week ends. Je suis un très bon attaquant d’ailleurs (sourire). Ensuite, j’ai eu la chance, à l’université d’Hammers (Massachuchets) de cotoyer dans mes études et dans l’équipe de soccer du campus, le Prince Albert de Monaco. Etant tous deux francophones et loin de la France à une époque où les communications n’étaient pas aussi faciles qu’aujourd’hui, cela nous a rapproché. Il recevait l’Equipe avec 2-3 jours de différés et on découvrait ensemble les résultats du championnat de France. A l’origine, j’étais plus supporter auxerrois que monégasque, étant originaire de Bourgogne mais au fil des années, du fait de mon attachement au Prince et aux choses que l’on a entrepris ensemble, je suis devenu autant supporter de l’ASM que de l’AJA. »

« Ensuite, une fois diplomé, j’ai poursuivi une carrière dans la finance, tout en continuant de jouer au football. J’ai eu des enfants, ce qui m’a poussé à m’impliquer en tant qu’entraineur, puis je suis aussi devenu arbitre. Et une chose en menant à une autre, j’ai eu l’occasion de rencontrer les dirigeants de la Fédération Américaine dans les années qui précédaient l’organisation de la Coupe du Monde 1994 aux Etats-Unis. J’ai joué un rôle dans ce superbe projet et j’ai été amené à participer à plusieurs comités avec la Fédération à l’issue desquels a été créé la Fondation de la Fédération américaine, arme financière créée après 1994 avec les profits générés par la Coupe du Monde la plus profitable jamais organisée à ce jour. C’est avec cette manne financière qu’ont été financés tous les grands projets liés au football aux USA dans les années suivant cette Coupe du Monde ; je pense notamment à la MLS, plusieurs stades et aux deux Coupes du Monde Féminine organisées par les Etats-Unis. Aujourd’hui la Fondation existe toujours, avec 70-80 millions de dollars de capital. C’est par le biais de cette Fédération que j’ai été impliqué dans le développement du football aux Etats-Unis, aussi bien au niveau professionnel qu’au niveau universitaire. »

« Ensuite, grâce à mes contacts personnels et compte tenu de cette expérience américaine, j’ai été invité par le Prince Albert à rejoindre le Conseil d’Administration de l’AS Monaco en 2001, à une époque où le club avait déjà des difficultés financières liées en partie à l’arrêt Bosman mais également à une gestion un peu optimiste au niveau des transactions de joueurs, aussi bien en indemnités de transfert qu’en rémunération. A ce moment, les dirigeants monégasques avaient la  volonté de réduire l’exposition financière de la Principauté dans la gestion du club et j’ai été choisi pour exécuter certaines tâches, plus faciles à mener par un étranger que par un monégasque. »

« Je savais dès le début que cette mission serait limitée dans le temps et que la finalité serait de trouver un actionnariat pour le club, tout en sachant, donc, pertinemment que les nouveaux actionnaires auraient la volonté de nommer leurs propres dirigeants à la tête du club. Je suis donc arrivé des Etats-Unis avec cette mission difficile, dans un contexte où le budget du club n’était pas équilibré et les résultats sportifs ne validaient pas les investissements réalisés auparavant. Je me suis donc engagé à équilibrer les comptes par le biais d’une réduction des dépenses, tout en restant compétitif au niveau du Championnat de France, car il était fondamental de ne pas descendre en Ligue 2. J’ai mené cette tâche avec beaucoup d’enthousiasme et je suis parti absolument enchanté de l’expérience que j’avais vécue à Monaco. J’ai laissé beaucoup d’amis en Principauté, mais j’ai également froissé quelques personnes, du fait de mon rôle et de ma mission. Au total, ce passage reste un excellent souvenir. »

Les recettes dans le contexte monégasque et la stratégie d’internationalisation

« Ce n’est pas facile d’augmenter les recettes de l’ASM. Les ressources viennent principalement des droits TV et du sponsoring. A ce sujet, l’ASM se doit d’avoir des sponsors de qualité, j’avais notamment pensé à Apple, qui n’était pas encore en 2007 l’entreprise qu’elle est devenue aujourd’hui. En fait, je cherchais une marque qui pouvait donner au club la dimension internationale qu’il n’avait pas à l’époque. »

« J’ai également souhaité internationaliser la recherche d’actionnaires. C’est dans cette optique que nous avons essayé de faire venir des joueurs ayant une notoriété en Asie et aux Etats-Unis, comme l’ont illustré les transferts de Park Chu Young et de Freddy Adu. »

« L’objectif était réellement de faire de l’ASM un ambassadeur économique et commercial de la Principauté à l’échelle internationale, afin de pouvoir intéresser des gens qui n’aurait pas entendu parler de l’ASM sans la présence d’un joueur qu’ils connaissent dans l’effectif. Cette stratégie ne s’est pas réellement poursuivie par la suite, et il est difficile d’en tirer un bilan significatif. »

« Pour autant, compte tenu des difficultés financières que traversent les clubs français, il serait intéressant de se pencher sur la règle qui fixe un maximum de 4 extracommunautaires par équipe de Ligue 1 et 2 pour équipes de Ligue 2. Cette règle réduit les possibilités de sponsoring. En effet, si les clubs de L1 souhaitent attirer des sponsors américains, il doit y avoir plus de joueurs américains dans le championnat. C’est donc assez difficile dans ce contexte de créer des intérêts réciproques pour des investisseurs non européens. Cette règle freine clairement l’arrivée de nouveaux investisseurs au sein du championnat français. »

3 Responses

  1. noam dit :

    ça te va grasse au recrutement internationaux, mettre Sablé comme coach, prendre oscar Garcia,
    prendre des diony, Lacroix, ktc, mpk, pajot, c’est normal ça, il y a un manque d’ambitions chez certain
    voila pourquoi l’asse n’avance pas aujourd’hui,

  2. noam dit :

    la vente ça avance, il reste 3 jours, on va pas encore se tapes romeyer une saison, un incompétent pareil
    non merci,

    • Anonyme dit :

      incompetent ? n’importe quoi je te rappelle qu’il a pris le club au bord de la relegation en l 2 et il va le laisser a la septieme place de l1 … c’est ça ton remerciement ???

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