Billet d’humeur : Bamba, mon amour !

L’article présent est un billet d’humeur. Il ne reflète en rien les opinions du TalkShow Stéphanois, sinon celles personnelles du rédacteur.

Depuis que le temps que dure le feuilleton Jonathan Bamba, à savoir sa prolongation à l’AS Saint-Etienne avec des exigences salariales assez élevées, chaque article concernant le jeune joueur s’accompagne de commentaires haineux voyant en lui « un pieds carrés« , « un gros melon » ou « un gars qui finira en L2 d’ici 2 ans ». Il est temps de rétablir des vérités : Jonathan Bamba est un joueur sur qui le club doit compter pour grandir, bien plus que Debuchy ou Cabella.

Bamba, la naissance

Jonathan Bamba a rejoint l’ASSE en 2011 après avoir fait ses gammes à l’UJA Alfortville. Il intègre très progressivement le groupe professionnel de Saint-Etienne lors de la saison 2015-2016, alors que le club n’a pas de réelles alternatives aux limités et irréguliers Kévin Monnet-Paquet et Romain Hamouma. Yohan Mollo et Max-Alain Gradel ont en effet quitté l’ASSE durant l’été. Pour compenser ces départs, le club voit arriver Jean-Christophe Bahebeck, prêté par le PSG pour une saison, qui prend part à environ 25 matchs (malgré des performances indigestes) ainsi qu’Oussama Tannane,  recruté pendant le mercato hivernal et qui participe à 10 matchs de championnat (7 comme titulaire). Ainsi, pendant la première partie de saison, l’ASSE possède 4 joueurs pour 2 postes, alors que le club joue sur tous les tableaux.

En effet, Jonathan Bamba s’est déjà montré à son avantage durant les matchs de préparation estivaux, en inscrivant notamment un but contre l’Ajax Amsterdam. Il joue une cinquantaine de minutes lors des deux matchs de qualification pour l’Europe League contre Milsami fin aout et lors du premier match de poule face à Rosenborg. Surtout, le jeune Vert joue 70 minutes contre le Téfécé pour le premier match de la saison, une trentaine de minutes contre Montpellier avant d’inscrire un chef d’oeuvre contre Nantes, match qu’il dispute en entier. Sur une transversale de Pogba, son contrôle orienté lui permet d’effectuer un grand pont sur Léo Dubois. Il s’impose en puissance, rentre dans la surface et crochète Lorik Cana avant d’ajuster Riou d’une limpide frappe du gauche lucarne opposée.

Tous les supporters rêvent alors enfin d’un nouveau bon jeune sorti du centre de formation, et qui représentera la formation stéphanoise en honorant la tunique verte. Le joueur démontre ici toutes ses qualités : sens du jeu, anticipation, puissance, vitesse, finesse technique, sang-froid.

Et pourtant…

Bamba, le négligé

Et pourtant, Jo’ Bamba est sur le banc le match suivant et sort à la mi-temps le match d’après contre Nice. Suite à cela, le joueur disparait totalement des écrans radars, puisque Christophe Galtier ne l’utilise que pour 56 minutes en championnat le 02 décembre face au LOSC et 20 min quelques jours plus tard face à la Lazio pour le dernier match de poule. Cela n’est pas un retour en grâce mais une nécessité : face à la traditionnelle avalanche de blessures qui touche l’effectif stéphanois, Galtier n’a d’autres choix que de faire appel à Jonathan Bamba. En attendant, il est retourné en CFA, après avoir espéré connaitre la Ligue 1. Il goute aux Coupes (90 min face au PSG en Coupe de la Ligue, 120 min lors de l’élimination face à Raon l’Etape) en janvier, avant de faire ses valises.

En effet, le club prend la décision de le prêter au Paris FC, actuel 19e de Ligue 2. Un choix difficile à comprendre pour un jeune qui paraissait avoir toutes les qualités pour intégrer la rotation. De plus, l’effectif stéphanois possède désormais seulement 3 joueurs pour 2 places, en comptant Hamouma qui enchaine les blessures… Le club achète Oussama Tannane, pour la réussite que l’on connait aujourd’hui. Cette expérience s’avère toutefois bénéfique pour Bamba, qui enchaine enfin les matchs mais connait une relégation.

Le joueur revient au club à l’été 2016 et espère avoir sa chance. Au contraire, le club l’envoie en prêt en Belgique, à St-Trond. Cette fois, le prêt tourne au cauchemar : le jeune Bamba ne joue que 8 matchs de septembre à décembre. Son coach lui reproche notamment des manques tactiques, tout en soulignant qu’il travaille à l’entrainement pour augmenter son volume pour pouvoir davantage se replier défensivement. Bamba est victime du changement de système de l’équipe qui l’éloigne d’un coup des terrains et le condamne au banc. Le prêt est résilié en décembre, et Bamba revient dans le Forez.

Il est alors envoyé au SCO d’Angers, où il se montre très à son avantage. En effet, il prend part à 18 matchs de championnat, inscrit 3 buts et distille 2 passes décisives, et connait une finale de Coupe de France face au PSG. Le SCO souhaite garder le joueur, mais l’ASSE voit enfin son intérêt à le rapatrier.

Ainsi, de 2015 à 2017, Bamba grandit principalement loin de son club formateur, baladé de prêt en prêt alors que l’ASSE possède un effectif limité tant quantitativement que qualitativement.

Bamba, la fondation

Disons-le clairement : Bamba a été incontestablement le meilleur atout offensif des Verts durant cette saison. Avec 7 buts et 10 passes décisives en 34 matchs de championnat, il est décisif 1 match sur 2 ! Dans une équipe pour le moins morose offensivement, il réussit l’exploit d’être le 6e passeur de la Ligue 1, devançant Mbappé, Fekir, Sidibé, Lemar, Cabella, Malcolm, etc.

Alors, certes, Bamba peut être extrêmement agaçant dans un match, lorsqu’il ne lâche pas sa balle ou qu’il décide de tirer alors qu’il peut offrir un caviar à un coéquipier. Mais, n’oublions pas qu’il n’a que 22 ans et qu’il vient seulement de connaître sa première vraie saison au plus haut niveau ! Jean-Louis Gasset est l’entraineur idéal pour lui faire passer des paliers en lui imposant d’épurer son jeu. Enfin, si ses frappes de loin énervent, elles rapportent aussi des points : n’a-t-il pas débloqué la situation sur une frappe de 30 mètres contre Caen ? Enfin, ses frappes apportent un danger lorsque le gardien relâche sa frappe, souvent sèche, si l’attaquant de pointe a bien suivi.

De plus, comment oublier son formidable sens du jeu, notamment au match aller contre Caen, lorsqu’il se bagarre et dribble 3 Caennais au milieu de terrain avant de lancer parfaitement Hamouma dans un duel face à Vercoutre ? Bamba joue et sait aussi faire jouer ses partenaires.

Enfin, Bamba brille à l’international, avec 3 buts et 2 passes décisives en 10 matchs avec les Espoirs cette saison.

Il est donc un joueur encore très perfectible mais qui témoigne d’un excellent potentiel. Comment lui reprocher de vouloir joueur les sauveurs lorsqu’il est parait le seul à pouvoir apporter du danger sur les 4 joueurs alignés offensivement ? Il n’a pas encore la stabilité nécessaire à son épanouissement, connaissant 7 coachs différents (Galtier, Jean-Luc Vasseur, Ivan Leko Leko, Stéphane Moulins, Oscar Garcia, Julien Sablé, Jean-Louis Gasset) en seulement 3 ans.

L’hypocrisie des pénalties

Ses détracteurs pensent tenir un argument de poids : sur ses 7 buts, Bamba en a marqué 4 sur pénalty.

Comprendre : un but sur pénalty, tout le monde peut le faire. Allez donc dire la même chose à Rémy Cabella qui a loupé 2 pénalty cruciaux cette saison (contre le PSG à 1-0 et contre Bordeaux, alors que l’ASSE perd 2-1 à la 89e minute).

Alors, oui, Bamba a marqué 4 buts sur pénalty : cela reste malgré des buts qui comptent, et, contrairement à la pensée simpliste, un but difficile à marquer. Cela témoigne d’une aisance technique, d’un mental et d’un sang froid que peu de joueurs possèdent. Cette saison, à seulement 22 ans, Jonathan Bamba a donc converti tous les pénaltys qu’il a eu à tirer. Il est d’ailleurs troublant que ce soit le plus jeune offensif qui soit considéré comme le tireur de pénalty par ses pairs, et non un joueur plus expérimenté…

Loin d’être un point faible, une tâche sur son CV, ces buts sur pénalty confirment la valeur du joueur. L’ASSE est-elle si forte qu’elle peut balayer d’un revers de main un joueur qui transforme les pénaltys ?

Bamba, le boulard ?

Autre point de discorde : le salaire. D’après les chiffres parus dans la presse, qui n’émanent que du club, le joueur réclamerait 150 000€ pour prolonger à l’ASSE. On peut avoir deux lectures sur ce chiffre.

La première revient à se déchainer : quoi ? 150 000€ pour une bonne saison en Ligue 1 ? Et puis quoi encore ? Mais cela ne s’avère guère constructif.

La deuxième revient à prendre du recul : pour le commun des mortels, ce chiffre est astronomique. Lorsqu’il s’agit de parler du salaire des footballeurs, il faut nécessairement mettre de côté toute échelle quotidienne et oser entrer dans le monde des super-riches. Ce salaire réclamé représente environ 120 SMIC, soit 10 ans de salaire en un seul mois, pour un gamin de 22 ans. Oui, c’est énorme. Mais, le football est une économie particulière, où Mbengue gagne environ 90 000€ hors primes chaque mois pour rester dans son canapé les week ends et s’entrainer tranquillement la semaine. Alors, oui, ce salaire est colossal pour un jeune joueur. Toutefois, n’oublions pas que certains au club touchent davantage déjà…

De plus, ses performances, aujourd’hui, lui offrent un tel salaire ! Beaucoup sont prêts à mettre autant d’argent sinon davantage sur Rémy Cabella, alors que le calcul est beaucoup moins intéressant. En prolongeant Bamba, l’ASSE paiera environ 3M (salaire sur 12 mois + prime à la signature + diverses primes). A la fin de la saison, nul doute que Bamba s’envolera pour un club prêt à mettre une somme d’argent importante pour l’acquérir. A contrario, pour Rémy Cabella, l’ASSE devra payer environ 7M€ de transfert ainsi qu’un salaire proche : sur 1 an, prolonger Bamba coutera environ 3M€ (compensés par sa future vente), quand Cabella coutera 10M€ ( !

Certains sont prêts à endetter le club jusqu’au cou pour prolonger qui Mathieu Debuchy, qui Rémy Cabella, qui n’importe quel joueur, car, selon l’adage, « un bon joueur, faut mettre le paquet dessus, hein, marre des Janko et compagnie« . Pour une fois, l’ASSE possède un tel joueur dans son club, mais elle refuse de le garder !

Enfin, que dire sur la position du club, qui ne propose à son joueur « que » 50 000€ par mois, le plaçant loin des autres joueurs du vestiaire ? Face au refus et à la contre-proposition des agents, c’est bien le club qui a décidé de rompre les négociations et qui s’est invité dans la sphère de l’entraineur en imposant à Oscar Garcia de ne pas le convoquer !

Enfin, il est à noter que le joueur n’a jamais créé le moindre problème de comportement. Ses échanges avec les autres joueurs semblent bons (sur les différents réseaux sociaux, etc), et ne montrent en rien un joueur égoïste qui s’est mis le vestiaire à dos par son arrogance.

Bamba, le futur

Malheureusement, le club n’a pas encore su gérer un très bon élément de son centre de formation. Tout en souhaitant intégrer davantage des jeunes formés au club, l’ASSE va voir partir libre et avec des regrets le jeune Bamba, sans doute pour une destination européenne plus huppée que Saint-Etienne. Jonathan Bamba est donc le gagnant de ce bras de fer : l’ASSE voit partir un de ses seuls joueurs ayant une valeur importante, ne récupère pas d’indemnités et doit compenser son départ par un achat. Le joueur, lui, est en position de force pour les négociations à venir, nombreux étant ses prétendants.

Triste fin pour cette histoire chaotique…

6 Responses

  1. Anonyme dit :

    C’est l’histoire de notre club… des qu’on a un bon jeune on le vent directement pour une bouché de pain ou on les laisse partir libre ! Quand on voit ghoulam, saint maximain, aubam….

  2. Anonyme dit :

    bamba ce joueur limité a non qu il s en aille bras de fer avec quoi

  3. allez les verts dit :

  4. ou-rabah dit :

    Oui mais il a rate au moins autant de face a face cette saison que de buts marques.
    il n est ni un buteur ni un aillier efficace.
    Je crains que ce type est un profil d eternel joker comme koman.

    Et puis on a donne assez avec les merdeux: tanane pogba piquionne etc

  5. cognet dit :

    …….il faut garder Bamba ….il nous a prouvé ses immenses possibilités….ce n’est pas un tricheur…il dynamise l’attaque par sa percussion, ses dribles sa dernière passe…et il n’est pas maladroit à la conclusion….donnez lui un bon salaire pour au moins une année de plus….quitte à le transférer ensuite….en plus je crois qu’il aime son club et ses supporters

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