La charnière Perrin-Subotic est-elle digne de confiance ?

Captain Perrin et Matelot Subotic sont dans un bateau, qui tombe à l’eau ? C’est l’ASSE ! Cela résume assez bien le début de saison de l’AS Saint-Etienne, peu fringuant offensivement et très fébrile défensivement. En cause, le niveau plus que moyen affiché depuis 12 matchs par la charnière centrale, même si les deux défenseurs ont aussi été capables de matchs plus convaincants. Voici ici les raisons qui entament la confiance que l’on peut accorder à cette défense centrale expérimentée.

Des chiffres qui ne rassurent pas

Ainsi, depuis le début de saison, le club forézien a concédé 15 buts en 12 matchs. Si l’on met de côté la victoire sans but encaissé contre Monaco, une équipe malade et qui s’était pourtant procurée de très nombreuses occasions (il suffit de repenser au double arrêt de Stéphane Ruffier), l’ASSE reste sur 7 matchs consécutifs en concédant au moins un but (PSG, Caen, Toulouse, Lille, Rennes, Nîmes et Angers). Seuls Montpellier, Amiens et Monaco n’ont pas réussi à inscrire un but à l’ASSE : Saint-Etienne n’a gardé sa cage inviolée que dans 20% des matchs disputés. De plus, à 4 reprises, Stéphane Ruffier a du aller chercher la balle à au moins 2 reprises dans ses filets (4-0 contre Paris, 3-1 contre Lille, 2-3 à Toulouse, 4-3 face à Angers), soit dans 30% des matchs ! Et encore, ces chiffres auraient pu être encore plus lourds sans la présence d’un gardien de la qualité de Stéphane Ruffier, dernier rempart capable de sortir des ballons compliqués (notamment son duel remporté à Toulouse contre Leya Iseka).

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Jonathan Bamba célèbre son doublé face à son ancien club. Ce soir-là, l’ASSE encaissera 3 buts.

Les premiers relanceurs ne sont plus les centraux

Dans le football actuel, un défenseur central de haut niveau doit être capable de créer la différence balle au pied par sa qualité de relance. Une passe verticale en direction de son milieu défensif , son latéral ou encore son meneur de jeu peut ainsi efficacement briser le pressing adverse et permettre la transition offensive débouchant sur une occasion de buts. Il suffit de repenser aux sorties de balles de l’OGC Nice de Lucien Favre, que le technicien suisse applique encore merveilleusement bien à Dortmund, pour un exemple récent en Ligue 1. Malheureusement pour l’ASSE, Neven Subotic et Loic Perrin n’ont pas cette qualité. Ce-dernier s’est même souvent distingué dans ce début de saison avec des bourdes à la relance, le ballon arrivant directement dans les pieds d’un adversaire à 30m de la cage (comme face à l’AS Monaco) ! En conséquence, Yann M’Vila est obligé de redescendre entre les deux centraux pour faire office de premier relanceur. Toutefois, cela n’est pas la tactique de la sortie de balle « La Volpienne », inventée par Ricardo La Volpe, où le milieu défensif s’intercale entre les deux défenseurs centraux pour organiser la relance ou attirer le pressing afin que les centraux disposent de solutions. Ici, il s’agit plutôt d’un aveux de l’incapacité de la défense centrale à organiser la première relance : M’Vila doit se charger de cette relance pour éviter un blocage.

Encore un peu tendre pour être un titulaire à l’ASSE, William Saliba semble posséder cette qualité et cette ambition de relance propre et efficace. Lors des matchs amicaux disputés en pré-saison, notamment face à Bordeaux, le jeune central stéphanois a démontré à plusieurs reprises qu’il n’hésitait pas à porter la balle sur plusieurs mètres en avant afin de créer le décalage pour la bonne relance.

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Les relances de la part de la charnière centrale manquent cruellement de qualité et de précision.

La gestion de la profondeur

Pas question de tirer sur l’ambulance, mais la vitesse des deux centraux stéphanois est alarmante. Régulièrement pris de vitesse, ils empêchent l’équipe d’être sereine à tout instant : une seule balle en profondeur peut déstabiliser la défense centrale ! Ce fut encore le cas face à Angers, notamment sur le 3e but angevin où Bahoken s’offre un duel face à Ruffier sur une passe finalement assez anodine. Un peu de vitesse ne ferait pas à cette charnière, pour l’instant composée de deux profils plutôt similaires (Perrin et Subotic étant plutôt lents, pas forcément très physiques ni excellents balle au pied).

Une charnière qui vit ses derniers instants ?

Loic Perrin a 33 ans. Neven Subotic seulement 29 ans mais la prolongation de contrat longtemps évoquée n’a toujours pas été officialisée : son contrat se termine en juin prochain. Cette charnière ne peut pas décemment représenter l’avenir pour un club voulant disputer la Ligue Europa : d’une part car il faut commencer à préparer la relève pour les 2 joueurs mais aussi à cause des problèmes évoqués au-dessus. La construction d’une charnière complémentaire, plus moderne, dans le sens où elle serait plus adaptée au football actuel (qualité de relance notamment), plus jeune et plus rapide, est une obligation pour l’AS Saint-Etienne. Cette transition doit toutefois s’effectuer en douceur, par respect pour ces deux grands joueurs, mais aussi pour ne pas « griller » un joueur : William Saliba n’a pas encore les épaules pour être un titulaire indiscutable en défense centrale, ce qui est assez logique à seulement 17 ans.

4 Responses

  1. LP8307 dit :

    Sur Perrin c’est complètement injustifié. Il reste un excellent relanceur. Il a fait cette saison des erreurs qu’il ne faisait pas auparavant mais regardez ses stars et vous verrez que vous n’etes Pas du tout objectif.

    • Bonjour,

      Perrin est à 84.5% de passes réussies, ce qui est effectivement intéressant. Toutefois, pouvez-vous soutenir décemment qu’il a encore une qualité de passe verticale permettant de briser le pressing adverse ? Combien de fois par match parvient-il à trouver Selnaes/Cabella ou les latéraux avec une passe qui lance une attaque en éliminant plusieurs joueurs de l’autre équipe ? La plupart de ses passes sont des passes latérales sécurisées en direction de Subotic/M’Vila ou alors de longs ballons en avant. D’ailleurs, il vaut mieux qu’il reste à ce type de passes plutôt qu’il tente des passes verticales sans l’assurance qu’elles arrivent à destination.

  2. Chuckmorris dit :

    Si saliba ne joue pas comment pourrait il être expérimenté ?

  3. Il est très expérimenté, pourquoi pas?

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