Comment faut-il associer Rémy Cabella et Wahbi Khazri ?

« Il faut être patient avec les gens. Laisser le temps à l’association. À un moment donné, quand chacun sera à 100%, ils vont se trouver beaucoup plus rapidement. » Voilà ce que déclarait Jean-Louis Gasset en conférence de presse il y a quelques jours au sujet du duo Cabella/Khazri. Aujourd’hui, nombreux sont les observateurs à penser que l’association entre les deux hommes sera sans doute l’un des points clés de la saison des Verts. Mais quelle est donc le meilleur dispositif pour les faire évoluer ensemble ? Alors que l’entraîneur de 64 ans tâtonne encore, deux rédacteurs du Talk Show Stéphanois s’affrontent aujourd’hui sur la question.

Cabella en 10, Khazri sur l’aile gauche

L’ASSE possède aujourd’hui deux très bons joueurs avec Cabella et Khazri, néanmoins il suffit de trouver leur bon placement sur le terrain. Le Tunisien ayant déjà occupé trois postes différents depuis le début de saison (ndlr : milieu offensif, ailier gauche et avant-centre), l’ancien marseillais s’est quant à lui retrouvé ailier gauche face à Amiens et plus régulièrement milieu offensif. Selon moi, il ne faut absolument pas mettre Cabella à gauche et ne pas priver Diony de son poste d’avant-centre alors qu’il réussit un bon début de saison après une superbe préparation.

Source : madeinfoot.com

De plus, le poste d’ailier gauche va plutôt bien à Khazri et cela paraît normal puisque c’est le poste où il a le plus évolué depuis le début de sa carrière (ndlr : 76 matchs TTC à ce poste). Même si ce n’est pas le poste où Wahbi est le plus décisif cela permettra à Cabella d’être dans les meilleures conditions puisque son vrai poste est celui de numéro 10 (ndlr : 124x positionné en 10 contre 52x ailier droit et 32x ailier gauche). C’est clairement le poste où il se sent le mieux et où il peut s’épanouir comme la saison dernière. Je ne sens pas Cabella réussir que ça soit à droite ou à gauche, au contraire d’un Khazri présentant des qualités athlétiques au-dessus du Corse qui se fait assez facilement bouger. Qui plus est, l’ancien Rennais est un excellent passeur et pourrait adresser des galettes à ses partenaires (ndlr : et pourquoi pas finir meilleur passeur du championnat ?).

Le gros problème reste désormais le respect des postes car lorsque les deux joueurs ont évolué ensemble nous avions l’impression qu’ils se marchaient quelques fois sur les pieds, souhaitant tous les deux devenir les maîtres du jeu. Pour moi, Cabella doit clairement être identifié comme le maître du jeu, le numéro 10 et Khazri doit justement en bénéficier. Car oui l’autre problème est là, Rémy doit apprendre à jouer plus simple et lâcher son ballon plus rapidement ! Si tel est le cas, je pense que Khazri et lui-même ne se gêneront plus et arriveront à combiner, jouer ensemble. Deux joueurs de ce calibre doivent forcément faire des sacrifices pour arriver à évoluer ensemble et faire mal aux adversaires. Jusqu’à présent ce n’est pas le cas mais je vous assure qu’avec ce dispositif (ndlr : Cabella en numéro dix et Khazri en ailier gauche) et si certaines consignes claires sont données et respectées, tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes !

Khazri en électron libre, Cabella sur une aile

Dans le 4-2-3-1 mis en place par Jean-Louis Gasset depuis le début de saison, il est compliqué de trouver une disposition parfaite pour permettre aux deux joueurs d’exprimer pleinement leurs potentiels. Cependant, il semble que la meilleure des solutions soit de décaler l’ancien Montpelliérain sur une aile pour permettre à l’attaquant Tunisien d’évoluer dans l’axe. Plusieurs raisons à cela.

Premièrement, même si Rémy Cabella a plutôt l’habitude de jouer dans le cœur du jeu, dans un rôle de numéro 10, il lui est fréquemment arrivé d’être décalé sur un côté au cours de sa carrière, que ce soit le gauche ou le droit. En effet, le numéro 7 des Verts comptabilisent au total près de 85 matchs joués sur une aile (gauche et droite confondues) ce qui signifie donc qu’il ne s’agit pas d’un poste inconnu pour lui. Aussi, le natif d’Ajaccio semble plus enclin à défendre que son compère. Par conséquent, il apparaît d’une plus grande efficacité pour aider son latéral à garder son couloir. Que ce soit pour effectuer un repli défensif afin de couvrir la montée de ce dernier où pour colmater les brèches lorsque l’adversaire se retrouve en surnombre sur le côté.

Deuxièmement, le principal intérêt de cette disposition serait de permettre à Wahbi Khazri d’évoluer dans l’axe, non pas comme un meneur de jeu mais plutôt comme un deuxième attaquant qui graviterait autour de Loïs Diony (ou de Robert Beric). Cela permettrait alors à l’ancien Rennais de se retrouver plus proche de la zone de vérité et par conséquent d’accroître son rendement offensif. Une idée qui a déjà fait ses preuves la semaine dernière face à Monaco puisque le joueur de 27 ans, qui était alors aligné à la pointe de l’attaque, est parvenu à inscrire un doublé.

Source : Le 10 Sport

Enfin, comme le prouve les statistiques, Wahbi Khazri n’a jamais été aussi décisif que lorsqu’il évoluait dans l’axe. En effet, il comptabilise 27 buts et 16 passes décisives en 78 matchs passés dans l’axe (milieu offensif et avant-centre confondus) contre 15 buts et 11 passes décisives en 98 matchs lorsqu’il fût décalé sur un côté. Ainsi, le poste hybride de 9,5 dans lequel je propose de le faire évoluer avec l’AS Saint-Étienne semble tailler pour lui. De la même manière, Loïs Diony, qui avait l’habitude de jouer dans un système à deux attaquants à Dijon, devrait profiter de sa proximité et de son travail pour accroître son rendement.

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